Juliette Petit, les ondes passe-murailles

Juliette Petit, les ondes passe-murailles

Les ondes passe-murailles. Résonance, territoire et temps communs, enquête sur les pratiques résistances de la radio pour forer la prison, est un projet de recherche centré sur l’univers carcéral, sa réalité sonore, l’enfermement sensoriel et son imaginaire, ainsi que les débats éthiques que pose la détention, de sa pertinence à son abolition. Ce projet est le support d’une recherche interdisciplinaire, entre science politique, philosophie, géographie carcérale et étude sur les médias, qui veut poser la question de l’apport des radios passe-murailles à l’imaginaire abolitionniste. Grâce
à l’analyse et à la numérisation d’archives de radio, j’étudie les liens entre radiophonie et milieu carcéral. J’utilise une approche politique des Sound Studies, pour tenter une « acoustémologie contre-carcérale » de la radiodiffusion, concept que je reprends à Bree Carlton et Emma Russell,
définissant l’étude des stratégies de protestation sonore en réponse au paysage pénitencier. Il s’agit donc dans cette thèse de travailler sur les pratiques radiophoniques mises en oeuvre pour lutter contre l’enfermement et l’exclusion de part et d’autres des prisons. Par l’étude d’un corpus
d’archives orales – celles des émissions anticarcérales Parloir Libre et L’envolée, sur Fréquence Paris Plurielle, mais aussi celles d’une émission à l’intérieur de la détention marseillaise, Radio Beaumettes, irrégulièrement sur Radio Galère, et enfin les archives sonores et la correspondance de
Spaghetti Aldente, une émission de musique italienne des années 1980 sur Radio Télé Chatenay qui est devenue à l’usage un créneau de messages et un lieu d’accueil de femmes de détenus italiens – j’essaye de démontrer que c’est à la logique carcérale elle-même que le dispositif radiophonique dessine une riposte, se faisant lieu et outil technologique au service d’une socialisation politique collective et d’une critique en acte des pratiques d’exclusion.

Juliette PETIT est diplômée ingénieure du son. Après un mémoire sur la division des temps dans les matinales, encadré par David Christoffel, elle est devenue technicienne de Fréquence Paris Plurielle et réalisatrice de montages son pour la radio et le cinéma. Elle s’intéresse aux archives (réalisation technique et problématiques d’accessibilité) ainsi qu’à la technique propre à la diffusion FM ou encore par l’engagement politique des radios locales.
site web : https://soundcloud.com/radiorafales