La Grande Collection ArTeC est constituée d’ouvrages collectifs qui généralement sont le résultat des travaux réalisés dans le cadre des projets de recherche financés par ArTeC. Chaque volume s’articule autour d’une thématique en résonance avec les axes de l’EUR. Les ouvrages peuvent être publiés en français ainsi qu’en anglais. La collection a pour objectif de rendre visibles les recherches d’ArTeC à l’échelle nationale et internationale.
Dans un contexte marqué par l’extension des technologies numériques, qu’advient-il du recours à l’enregistrement visuel comme élément de preuve ?
Le pouvoir d’attestation des prises de vue photographiques ou filmiques semble paradoxalement s’être amplifié avec le tournant numérique. Il vient désormais nourrir de nouveaux champs d’investigation et connaît des formes inédites d’expression médiatique, mais la diversité même de ces usages interroge : entre la circulation virale d’images violentes sur Internet, leur intégration dans un cadre judiciaire ou encore l’émergence d’enquêtes-vidéo élaborées, se pose la question de savoir ce qui véritablement, dans ces procédés, est susceptible de « faire preuve ».
Cet ouvrage propose de mener la réflexion à partir de l’étude de cas concrets et selon une approche transdisciplinaire : il convoque et analyse le travail d’artistes filmiques ou plasticiens, de groupes de recherches indépendants, de journalistes et d’avocats pénalistes, à la croisée d’enjeux épistémologiques, esthétiques et politiques. Du déploiement récent des démarches dites « forensiques » aux usages judiciaires de l’image et aux interrogations suscitées par l’avènement de l’intelligence artificielle générative, il cherche ainsi à cerner les évolutions comme les lignes de continuité avec des pratiques antérieures de l’enregistrement visuel à des fins probatoires.
Comment penser les technologies d’intelligence artificielle autrement qu’entre fascination aveugle et rejet irrationnel ? Cet ouvrage en propose une réflexion critique et transdisciplinaire. En effet, dans le contexte du déploiement fulgurant des IA génératives, ce livre revient sur l’histoire des technosciences informatique et cybernétique et interroge les enjeux philosophiques, politiques et culturels des dispositifs numériques contemporains. Quels sont les présupposés théoriques qui sous-tendent les innovations industrielles nommées « intelligence artificielle » ? Comment l’accélération technologique actuelle affecte-t-elle les institutions et les sociétés ? Quels sont les effets des générateurs automatiques de textes ou d’images sur les pratiques linguistiques et artistiques ? Pour répondre à ces questions, les vingt contributions de l’ouvrage articulent les points de vue de différentes disciplines : philosophie, mathématiques, anthropologie, histoire des idées, informatique, théorie politique, littérature, traduction, théorie des médias, esthétique, arts plastiques. Par-delà fascination naïve et rejet ignorant, cette diversité de perspectives propose un éclairage sur les enjeux des transformations technologiques et anthropologiques présentes et à venir.
Ouvrage dirigé par : Anne Alombert, Alban Leveau-Vallier & Baptiste Loreaux
Contributions de : Anne Alombert, David W. Bates, Pierre Cassou-Noguès, Grégory Chatonsky, Yves Citton, Judith Deschamps, Eugène Favier-Baron, Matthieu Garling, Pablo Jensen, Frédéric Kaplan, Michał Krzykawski, Jean Lassègue, Alban Leveau-Vallier, Giuseppe Longo, Baptiste Loreaux, Lê Nguyên Hoang, Arnaud Regnauld, Sofia Taipa, Félix Tréguer, Gwenola Wagon, Simon Woillet
ISBN : 978-2-37896-590-7