Les Bêta-lecteurs et la création

Les Bêta-lecteurs et la création

DURÉE DU PROJET

2019 - 2020


PORTEUR(S) DU PROJET

Bérengère Voisin (Université Paris 8), Sylvie Bosser (Université Paris 8)


EN COLLABORATION AVEC
EA 3388 Centre d'études sur les Médias, les Technologies et l'Internationalisation (CEMTI), EnsadLab

Les Bêta-lecteurs et la création : “en lisant en écrivant” sur des plateformes d’écriture numérique, réseaux sociaux et web littéraire.

Ce projet s’intéresse aux bêta-lecteurs, ces lecteurs non-professionnels qui interagissent avec les auteurs sur des plateformes numériques d’écriture, des réseaux sociaux ou sur le web littéraire. Le succès grandissant des plateformes d’auto-publication et des lieux d’écriture collaborative en ligne induit un grand nombre d’utilisateurs. L’accessibilité de ces espaces de lecture et d’écriture favorise indéniablement les échanges entre lecteurs et auteurs.

La perspective de ce projet s’inscrit dans trois directions complémentaires. Premièrement, il s’agit de mieux connaître les bêta-lecteurs présents sur les plateformes d’écriture (et du même coup les plateformes elles-mêmes) pour circonscrire des profils sociologiques types, caractériser des mécanismes de lecture et d’écriture, différencier ceux qui relèvent des modalités de lecture et d’écriture sur le web et/ou sur mobile et de mesurer l’écart entre les interactions auteurs/lecteurs en contexte numérique et ceux qui leur préexistaient dans un processus d’édition et de diffusion papier et/ou différé. Il s’agit aussi bien évidemment de mesurer à quel point le retour des lecteurs est un tant soit peu susceptible de modifier le processus de création. Dans quelle mesure cette interaction qui se traduit notamment par des commentaires, des like (Deseilligny, 2017), des statistiques, etc., inscrit-elle la pratique auctoriale dans une économie de l’attention (Citton, 2014), dans une injonction performative ?

Deuxièmement, au-delà de la dimension scripturale, il nous semble tout aussi important d’observer et d’analyser non seulement le rôle pivot joué par le lecteur dans le modèle socio-économique des plateformes étudiées, mais également dans quelle mesure cette implication du lecteur constitue une source féconde pour l’édition traditionnelle, générant une meilleure connaissance des attentes, notamment dans le secteur des littératures de genre (polar, fantasy, young adult, etc.) mais pas uniquement. Si l’espace auctorial et éditorial est désormais reconfiguré par le numérique (Mandel, Sonnac, 2012), celui du lecteur l’est tout autant. Pour autant, il ne s’agit pas ici d’analyser le relatif usage des ebooks en France, mais bien plutôt les logiques et enjeux de la plateformisation littéraire, nouvel espace d’intermédiation (Bullich, Guignard, 2014), au sein duquel les consommateurs/lecteurs participent de l’économie créative.

Enfin, une observation des dispositifs mis en œuvre sur ces plateformes, réseaux sociaux, web littéraire devraient permettre à terme la modélisation/conception d’une plateforme alternative.



ÉQUIPE DU PROJET

Bérengère Voisin (Université Paris 8), Sylvie Bosser (Université Paris 8), Alexandra Saemmer (Université Paris 8), Valérie Stienon (Université Paris 13), Samuel Biancini (Ensad)

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