Allan Deneuville, CTRL+C / CTRL+V : écrire après les réseaux sociaux

Allan Deneuville, CTRL+C / CTRL+V : écrire après les réseaux sociaux

DURÉE DU PROJET

2018 - 2021


PORTEUR(S) DU PROJET

Allan Deneuville


EN COLLABORATION AVEC
EA 7322 Littérature et histoires, esthétique (LHE)

Le copier-coller est un outil informatique présent dès les débuts de l’ordinateur personnel. Nous le trouvons par exemple dans le premier ordinateur de la marque Apple, LISA en 1983. À la mort d’un de ses deux inventeurs, Larry Tesler, en février 2020, la presse internationale a salué les « inventions révolutionnaires » de ce dernier dont fait partie le copier-coller. Cependant, malgré quarante ans d’existence, et d’utilisation par les utilisateurs et utilisatrices d’ordinateur, aucune étude monographique et théorique n’a jusqu’à ce jour été réalisée sur le copier-coller, si bien qu’il demeure un a-penser de nos dispositifs d’écriture.

Considérant que les professions de l’écrit nous donnent un accès privilégié aux mutations des dispositifs d’écriture, nous étudions, dans cette thèse, trois formes d’écriture professionnelles et leurs rapports au copier-coller : l’écriture journalistique, l’écrit universitaire ainsi que la poésie conceptuelle francophone et anglophone. 

Selon une enquête menée par l’économiste Julia Cagé, avec Marie-Luce Viaud et Nicolas Hervé (Linformation à tout prix, 2017), la presse en ligne française de l’année 2013 se composait de 64 % d’articles étant des copiés-collés d’autres articles. 

Les universités se trouvent, pour leur part, face à de nombreux scandales de plagiats, que ce soit pour l’obtention de diplômes, mais également pour la rédaction d’articles scientifiques. L’unique réponse de l’Académie semble d’être de « surveiller et punir » en se focalisant sur les résultats du copier-coller, mais jamais sur les raisons, ni même les processus d’écriture, derrière son utilisation. Le copier-coller est aussi présent dans l’écrit académique dans d’autres circonstances que le plagiat, quand il s’agit d’insérer une citation ou une référence bibliographique dans un texte par exemple. Le copier-coller a des conséquences sur nos façons d’écrire qu’il s’agira dans cette thèse d’étudier.

Pour cela, nous prendrons pour appui le développement dans la poésie conceptuelle, française et nord-américaine, des pratiques dites d’« uncreative writing » telles qu’elles sont nommées par Kenneth Goldsmith. Nous nous proposons d’étudier les potentialités d’écriture de ces formes poétiques pour penser les outils d’écriture. 

Nous proposons pour cela un cadre méthodologique particulier que nous nommons les Études scripturaires. Un champ disciplinaire mobilisant à la fois les outils des études littéraires, mais se nourrissant des apports des media studies et de l’anthropologie, afin d’étudier les pratiques d’écriture contemporaine. Dans cette perspective, l’écriture poésie n’est pas différente ontologiquement des autres pratiques d’écritures quotidiennes, mais elle est un outil pour penser les gestes d’écriture et de lecture à travers les expérimentations déroutantes qu’elle nous propose. 

Comment le copier-coller nous amène-t-il à penser l’hyperproduction textuelle et l’accélération de la société à l’ère du Numérique ? Comment le copier-coller s’inscrit-il dans l’histoire de l’écriture ? Comment penser à travers lui l’existence et le fonctionnement d’un écosystème documental ? Qu’est-ce qu’il nous apprend de l’écriture et des nouvelles modalités de lecture (ou de non-lecture) à l’heure des réseaux sociaux ? C’est à ces questions que s’intéresse notre thèse de doctorat.

Biographie 

Allan Deneuville est diplômé dune licence de philosophie de lUniversité Panthéon-Sorbonne (Paris I), de l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris et du master de création littéraire de lUniversité Vincennes–Saint-Denis (Paris VIII). 

Il est actuellement doctorant contractuel en co-tutelle entre l’École Universitaire de Recherche ArTeC sous la direction de Yves Citton, et lUniversité du Québec à Montréal (UQAM) sous la direction de Bertrand Gervais. Sa thèse de doctorat porte, à travers la figure du « copier-coller », sur les actes d’écritures et la circulation des textes à l’ère du Numérique. Ces recherches ont pu être présentées dans de nombreux lieux universitaires et artistiques tels que le Celsa, lUniversité Princeton, la Gaîté Lyrique, l’École des Chartes ou encore lUniversité Concordia. Il est co-porteur du projet de recherches et de créations « Après les réseaux sociaux ». Il co-dirige également le numéro 22 de la revue Formules de luniversité d’État de New York à Buffalo avec un dossier sur les liens entre performance, littérature et technologie. 



ÉQUIPE DU PROJET

Directeurs de thèse : Yves Citton (université Paris 8)  et Bertrand Gervais (UQAM)

Ecole doctorale : ED Pratiques et Théories du sens (Paris 8)

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