Arts, écologies, transitions

Arts, écologies, transitions

DURÉE DU PROJET

2024 - 2025


PORTEUR(S) DU PROJET

Cécile Sorin (professeure, département Cinéma, Université Paris 8), Élise Domenach (professeure en études cinématographiques à l'ENS Louis-Lumière)


EN COLLABORATION AVEC
ENS Louis-Lumière, INREV, EA-7322 Fabrique du littéraire Fablitt, EA 1572 Esthétique, musicologie, danse et création musicale (musidanse), EA 1573 Scènes du monde, création, savoir critique

Le projet souhaite poursuivre l’étude du tournant écologique des arts initiée depuis 2017, à l’occasion du projet Labex Arts H2H (2017-19) Arts, écologies, transitions. Construire une référence commune, puis du projet ArTeC Écrire en commun(s). Arts, écologies, transitions (2020) qui a pu se poursuivre sous forme de séminaires. Initialement mené par un collectif composé d’enseignant.es chercheurs en Arts de Paris 8 et de doctorant.es, le collectif, pluridisciplinaire, s’est enrichi au fil des années et à l’occasion du présent projet et entend rebondir sur cet élargissement de l’équipe et des domaines étudiés pour diversifier ses terrains de recherche et à terme s’ouvrir à des projets collectifs plus ambitieux.

Nous avons en effet choisi de fusionner deux projets, celui porté par le collectif Arts, écologie, transition et celui d’Elise Domenach qui interroge la fluidité des sources transcendentaliste de la perspective écocritique en arts appliquée à un corpus filmique et musical américain et asiatique.

Ce projet a pour objectif d’accompagner les évolutions notables qui surviennent actuellement dans le champ des arts et de la littérature ainsi que dans le champ des discours théoriques et qui, récusant l’enfermement de la création dans la sphère du « surplus civilisationnel », sont à l’écoute de questionnements découlant des crises écologique, économique, sociale ainsi que de la crise des représentations que nous traversons. En effet, l’écologie environnementale constitue un fréquent point de ralliement des pratiques artistiques de transition.

Notre démarche ne se limite pas à l’écologie scientifique : adoptant, entre autres, une perspective guattarienne, elle tente d’articuler les questions d’écologie mentale et d’écologie sociale – au même titre que d’écologie environnementale – pour désigner les diverses modalités avec lesquelles l’art et littérature d’aujourd’hui redéfinissent les processus de subjectivation ainsi que l’émergence de collectifs, questionne les affects ou les relations au « corps », se focalise sur l’écoute, s’interroge sur la notion d’auteur…

De même, les arts en transition ajoutent à l’esthétique une dimension éthique. Le passage de l’esthétique à l’éthique évoque parfois une dimension « po-éthique » de la création, ou encore, « esth-éthique ». Le renouvellement de la question éthique se pose aujourd’hui à partir des pratiques artistiques elles-mêmes qui thématisent ou interviennent directement au niveau du monde organique et inorganique, des « corps » et des technosciences, dépassant souvent les modalités représentatives pour s’inscrire directement dans la réalité tout en posant les conditions et les modalités de la production artistique. L’art et la littérature s’ouvrent ainsi aux questions complexes qui caractérisent notre monde : les notions de limite, de justice, de responsabilité, d’inégalité etc. sont concernées par ce questionnement, autrement dit tout ce qui relève de l’univers pragmatique.

Ce projet se veut donc à la fois une veille scientifique et critique sur un champ d’étude en expansion, un travail exploratoire sur les pratiques artistiques engagées, ainsi qu’un espace d’échange, de formation et de diffusion des approches écosophiques des arts et de la littérature. Pluridisciplinaire, il bénéficie d’un réseau international. Protéiforme, il conjugue rencontres avec des artistes et professionnels du monde de l’art, séminaires de recherche, journées d’études, colloques et publications.

Site : arts, écologies, transitions

© Toutes les productions graphiques originales du projet sont réalisées par Yann Aucompte.