La Minga

Ce projet est une conversation autour d’une sculpture Land Art à très grande échelle « La Minga Espiral », via un appel à rassemblement de la communauté indigène NASA du Cauca en Colombie. Cet appel à rassemblement, communément appelé  » La Minga » signifie « un travail collectif en vue d’un objectif commun. » L’intention de ce projet de Land Art est de générer un module théorique qui mettra en relation la pensée indigène, la philosophie et l’anthropologie post- structurale.  Ce module théorique à orientation interdisciplinaire sera délivré dans L’Université Autonome Indigène Interculturelle du Cauca en Colombie.

« Danser avec le vent pour appeler la pluie. »

Une des cérémonies des médecins traditionnels (les chamans) de la communauté NASA avec laquelle nous travaillons est d’appeler la pluie en lui faisant honneur à travers tout un répertoire d’action collective. Dans la pensée Amérindienne, le chaman est celui qui opère un glissement à travers un champ d’indiscernabilité́ entre l’autre et le soi et qui pour ainsi dire, peut mieux se connaître en se désubjectivisant. Dans son essai « Métaphysiques Cannibales », l’anthropologue Eduardo Viveiros de Castro explique que, connaître dans la pensée Amérindienne c’est prendre le point de vue de ce qui doit être connu et non pas objectifier comme c’est le cas dans la pensée occidentale. Le chaman, en puisant dans un champ d’unité-multiplicité, libère la possibilité de parler avec la montagne, de devenir jaguar, de soigner l’autre par la pensée.

La pensée indigène opère donc à travers un système de pensée personnifiant, c’est-à-dire, un mode relationnel où la pluie et le vent sont des personnes et où « les jaguars et les hommes étaient toujours la même chose.  »

Datant des temps précolombiens, dans le contexte Amérindien, les géoglyphes de Nazca au Pérou, les pyramides de Chichén Itza au Mexique et les Hypogées de Saint Andres de Pisimbala en Colombie, sont autant de structures symboliques de ce mode de pensée personnifiant et relationnel. En effet, ce sont des lieux où la conversation fondamentale est celle de la synchronisation entre le cosmos et l’architecture.

Né dans les années 60, le mouvement artistique du Land Art fait écho à ce mode relationnel car ses fondations se déploient à des dimensions géologiques où tous les éléments font partie du processus de signification. Dans le Land Art, ce n’est plus une conception du corps anthropocentrique mais bien du corps terrestre dont il s’agit. Les travaux d’artistes comme ceux de Michael Heizer, Nancy Holt, Agnes Degnes, Robert Smithson et Walter De Maria résonnent avec les travaux ancestraux de Nasca et Teotihuacan ; où le véritable objet d’art n’est pas l’image peinte d’un paysage mais le paysage lui-même sur lequel nous dessinons notre réalité, à partir d’une transformation de ce paysage. Comme l’expliquait l’artiste Allemand Joseph Beuys, la sculpture ne doit plus se concevoir comme matérialité de l’objet étudié mais comme matérialité associée à toutes formes de configuration symbolique. En effet, ce projet cherche à ouvrir un dialogue avec la configuration symbolique du territoire colombien et de cette manière, penser la sculpture comme véritable outil de transformation sociale. La pertinence de cette conversation dans le contexte contemporain, réside justement dans le fait qu’il n’existe pas de mot pour L’art dans le langage NASA YUWE. Ce qui permet à l’artiste d’entrer dans un espace potentiel de relation où l’art se pense sans l’art. 

Porteurs du projet : Clara Melniczuk (Doctorante, LHE, Paris 8)Julian Dupont ( Artiste plastique), Anna Seiderer (Maître de conférences au département d’arts plastiques de l’Université Paris 8)

En collaboration avec : Université Autonome Indigène Interculturelle du Cauca, (UAAIN) , Conseil Régional Indigène du Cauca (EL CRIC), Université Paris 8  EA 7322 Littérature et histoires, esthétique (LHE) EA 4010, Arts des images et art contemporain Universidad Del Cauca (AIAC)

Écrire en commun(s). Arts, écologies, transitions

Le projet souhaite mettre en œuvre une véritable écriture en commun(s) pour la rédaction d’un livre et d’un site internet sur le tournant écologique de l’art. Nous proposons d’utiliser la notion de transition pour nommer les nouvelles pratiques qui en résultent. Adoptant une perspective écosophique, le livre tentera d’articuler les questions d’écologie environnementale, mentale, sociale… pour désigner les diverses modalités avec lesquelles l’art d’aujourd’hui redéfinit les processus de subjectivation ainsi que l’émergence de collectifs, questionne les affects ou les relations au corps, se focalise sur l’écoute, s’interroge sur la notion d’auteur… 

Pensé comme un manifeste plutôt que comme un livre de spécialiste, le livre (qui paraîtra en anglais, avec sa version en ligne, enrichie de documentation multimédia, en français) se présentera sous forme d’abécédaire notionnel. Les notices, en nombre limité – une cinquantaine d’environ 8000 signes chacune – ont déjà fait l’objet d’une commande et seront remises avant la fin de l’année 2019. L’enjeu du projet à travers les séminaires, le module pédagogique, les résidences et les diverses autres rencontres qui auront lieu sera de retravailler ces notices pour aboutir à un ton commun respectant la diversité et complexité des points de vue, mais évitant la simple juxtaposition des discours spécialisés. Un colloque international (les Troisièmes Rencontres Arts, écologies, transitions) sera l’occasion de rendre public le fruit de ce travail auprès du réseau qui a commencé à être tissé, tout en ouvrant de nouvelles perspectives.

Le cadre commun du livre est le suivant :

1. Abécédaire plutôt que dictionnaire ou atlas : un projet non pas encyclopédique, recherchant une neutralité ou une universalité, mais au contraire, un projet affirmant un point de vue, des priorités, des choix. Le format abécédaire donne une liberté (nombre d’entrées par lettre), une identité plutôt ludique qu’académique.

2. Manifeste plutôt que livre de spécialistes : il s’agit d’affirmer, à la fois dans une introduction « sonnant » comme un manifeste,  et dans les choix d’entrées, et leur mode de rédaction, un point de vue, des valeurs, des axes principaux. Le catalogue des entrées est donc pensé à l’aune de ce point de vue « partial » mais explicite (explicité par l’introduction).

Porteurs du projet : Roberto Barbanti, Isabelle Ginot, Makis Solomos, Cécile Sorin

Collaborateurs du projet : Yann Aucompte, Joanne Clavel, Agostino Di Scipio, Antoine Freychet, Alice Gervais-Ragu, Guillaume Loizillon, Kostas Paparrigopoulos, Carmen Pardo Salgado, Julie Perrin, Matthieu Saladin, Lorraine Verner

Institutions partenaires : Université Paris 8, Université Paris Nanterre, Université technique de Crète, Université de Girone, Ecole des Beaux-Arts de Versailles

Appel à candidature, Château Ephémère

L’appel à candidature au château ephémère, « Arts Numériques, Art Sonore et Nouvelles Écritures » est ouvert. Vous avez jusqu’au 6 avril 2020 – 12h, pour candidater.

lien de candidature :  https://urlz.fr/c3rm

>>Pour toutes informations, nous vous invitons à nous contacter : residences@chateauephemere.org / 01 39 79 29 93.

Call for application « Digital Art, Sound Art and New Writings » is open. You can candidate until April the 6th 2020 – 12 am.

>> If you have any questions, please contact us at residences@chateauephemere.org / 01 39 79 29 93.

Link to the application : https://urlz.fr/c3rv

Les angles morts du numérique ubiquitaire au défi des mutations écopolitiques

Predictive Art Bot ; Exposition : Transmediale 2017 @ HKW — Photo : Dasha Ilina, CC NC-SA 4.0

Le « numérique » (généralement conjugué au singulier) en passe de devenir « ubiquitaire » est alternativement interprété comme assurant une transparence intégrale ou comme imposant une surveillance généralisée. Transhumanistes et conspirationnistes ont toutefois en commun de négliger les angles morts (à décliner au pluriel) qui sont inhérents à toute perception du monde, fût-elle programmée et nourrie de big data. Ce sont ces angles morts des visions programmatrices actuellement à l’œuvre dans la mise en place d’un numérique ubiquitaire et conçu comme homogène que les différentes activités proposées ici s’efforceront d’identifier et de discuter.

Une première dimension – spéculative – tentera de conceptualiser les limites de la programmation. À partir de quel point l’augmentation machinique des intelligences humaines rencontre-t-elle des renversements de contre-productivité, à l’occasion desquels les progrès de l’automatisation se retournent en régressions d’humanité ? C’est la question des recompositions en cours entre subjectivités humaines et computations machiniques (IA) qui se joue sur ces points de retournements.

Une deuxième dimension – davantage empirique – s’attachera à repérer et analyser des cas problématiques dont les retournements peuvent avoir valeur emblématique. On comprendra ces angles morts de la programmation comme des limites, des lacunes, des absences et des résistances s’opposant aux meilleurs efforts déployés pour documenter, expliquer, rationaliser, optimiser nos relations sociales et nos rapports à nos environnements. Mais on pourra aussi envisager ces angles morts comme protégeant de précieuses zones d’opacité, à défendre contre la tendance de certains appareillages numériques à tout standardiser pour tout automatiser.

La vise commune minimale des activités réunies au sein de ce projet sera donc la suivante : étudier la prétendue ubiquité du numérique depuis les zones d’extériorités internes qui esquivent sa computation. L’enjeu des discussions sera de mieux prendre la mesure des ambivalences des meta-media numériques, et de faire ainsi apparaître à la fois ce que nous pourrions gagner à repousser localement certaines limites de la computation, et ce que nous risquons de perdre en réduisant indûment certaines oasis d’opacité.

Une troisième dimension – créative et propositionnelle – tentera d’élaborer de nouveaux outils d’orientation pour nous repérer au sein de ces ambivalences. Le cadre en sera fourni par le collectif d’artistes DisNovation (Nicolas Maigret et Maria Roszkowska), qui ajouteront les résultats des réflexions communes à la boîte à outils notionnels qu’ils sont en train de réunir pour nous équiper de boussoles éco-politiques pour temps de mutation des valeurs. DisNovation mène depuis une dizaine d’années des expérimentations de pointe aux frontières des matérialités numériques et de leurs enjeux politiques aussi bien qu’économiques.

Porteurs du projet : Yves Citton, Vanessa Nurock, Marta Severo, Peter Stirling, Samuel Szoniecky

En collaboration avec : EA 7322 Littérature et histoires, esthétique (LHE) ; EA 349 Paragraphe ; EA 7339 Dispositifs d’information et de communication à l’ère numérique-Paris Ile de France (Dicen-Idf) ; Bibliothèque nationale de France (BNF) ;Association des Amis de Pontigny-Cerisy, Cercle des Partenaires de Cerisy ; La Gaîté Lyrique ; UNESCO ; Haute Ecole d’Art et de Design de Genève ; La Poste ; RATP ; Orange ; La Fabrique de la Cité ; collectif DisNovation.

Artistes :

Nicolas Maigret et Maria Roszkowska (artistes, collectif DisNovation)

Olivier Bosson

An Mertens

Doctorant.es :

Allan Deneuville (doctorant, LHE, Paris 8)

Adrien Pequignot (doctorant, CEMTI, Paris 8)

Guillem Serrahima (doctorant, ESTCA, Paris 8)

Summer school, Karen Barad – 15 au 19 juin

Karen Barad : les savoirs entremêlés
Une école d’été ArTec
15-19 Juin 2020
Larret (Saint Saud Lacoussière, Périgord Vert, France)

« La fabrique du savoir n’est pas une activité médiée, malgré ce qu’on aime à répéter. Tout savoir implique un engagement matériel direct, une pratique d’intra-action avec le monde qui a lieu à même le monde, à même ses processus de configuration matérielle, à même son incessante articulation. Savoir et être sont des pratiques enchevêtrées, c’est-à-dire que savoir et être sont des pratiques matérielles. »
(Karen Barad, Meeting the Universe Halfway, 2007)

Cette première école d’été d’ArTeC se propose d’explorer la philosophie de Karen Barad à partir d’une diffraction de son concept de réalisme agentiel et de ses conséquences épistémologiques, ontologiques et éthiques pour les recherches en art et en sciences. Avec l’intention de mettre en pratique une épistémologie féministe et d’emprunter pour cela aux pratiques artistiques venues de la danse et des arts visuels, nous nous proposons d’imaginer un espace-temps collectif de tissage sympoétique entre pratique et théorie. L’école d’été prendra la forme d’un événement immersif de cinq jours dans un studio de danse au milieu du Périgord Vert.
Chaque jour commencera avec une pratique silencieuse et collective en silence, suivie par un séminaire mené par Karen Barad. La matinée se conclura par un temps de pratique ouvert (jardinage, cuisine, marche…). Après le déjeuner, un·e professeur·e invitée disposera d’une carte blanche pour proposer une « diffraction » de la philosophie de Barad. Le reste de l’après-midi sera dédié à une pratique de spéculation matérialisation collective en petits groupes, proposée par Joe Dumit et Romain Bigé.
L’école est ouverte à 25 étudiant·es/participant·es (13 venu·es de France et 12 venu·es de l’étranger). La participation aux frais s’élève à 100€ (incluant hébergement et nourriture). Des bourses de voyage sont disponibles pour les étudiant·es étranger·es souhaitant se joindre à l’événement.
Les participant·es intéressé.es peuvent envoyer une lettre accompagnée d’une courte biographie à entangled.knowledges@gmail.com avant le 20 Avril 2020.

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Entangled Knowledges
ArTec summer school
15-19 Juin 2020
Larret (Saint Saud Lacoussiere, Perigord Vert)
France
“Knowledge making is not a mediated activity, despite the common refrain to the contrary. Knowing is a direct material engagement, a practice of intra-acting with the world as part of the world in its dynamic material configuring, its ongoing articulation. The entangled practices of knowing and being are material practices.”
(Karen Barad 2007)

The first ArTec summer school will explore and diffractively engage with Karen Barad’s agential realism and its epistemological, ontological and ethical consequences for academic and artistic research practices. With the intention to put into practice ecofeminist epistemologies, and borrowing from experimental dance and visual art practices, we imagine a time-space where collective situated practices and theory weave into each other, allowing for sympoetic knowledge making and sharing. The summer school will take the form of a 5-day immersive event in a dance & theater studio on a small farm in the French countryside. Each day will start with a morning silent and collective practice, followed by a seminar with Karen Barad. The morning will end with an open practice time (gardening, cooking, walks…). After lunch, one of the invited faculty will have a ‘carte blanche’ to enter into a diffractive dialogue with Barad’s thinking. The rest of the afternoon will be devoted to a situated speculative research-creation mattering process (in small groups) curated by Joe Dumit and Romain Bigé. The school is open to 25 ‘students/participants’ (13 French and 12 international).

Registration fee will be 100 € for the week (including lodging, food). Travel funds are available to help foreign students join the event. Interested participants are invited to send a letter of motivation and a short bio to entangled.knowledges@gmail.com by April 20, 2020.

HOM, Hydrologie des médias

HOM | Hydrologie des médias

Une approche hydrologique des médiations entre arts, sciences et humanités implique l’étude de la matérialité et de l’imaginaire des représentations de l’eau. 

Dans un premier temps nous nous intéressons à la manière dont les propriétés de l’eau ont été étudiées, avec quels instruments et comment ces instruments et dispositifs reflètent notre compréhension du monde. Nous réalisons ensuite nos propres interventions instrumentales et nous intéresserons aux questions suivantes : Comment représenter l’eau à des échelles invisibles à l’œil humain mais dont les effets sont présents et perceptibles ? Comment provoquer des réactions esthétiques tout en gardant une conscience hydrologique ? À ce stade nous souhaitons mettre l’accent sur les implications culturelles et artistiques liées à l’application de ces dispositifs à un corpus culturel (images, textes, vidéos). Que révèlent les techniques et les appareils lorsqu’ils sont utilisés avec des données culturelles ? À travers ces questions, nous souhaitons nous confronter à la manière dont l’hydrologie des médias façonne la politique sociale et le développement urbain.

L’équipe principale, internationale et interdisciplinaire, est composée de :

Andrés Burbano (Enseignant-chercheur au Department of Design, Architecture and Design School / Design Research Group, Universidad de los Andes, Colombia) proposera des méthodes innovantes pour explorer les techniques de micro-photogrammétrie appliquées à l’eau, en utilisant des artefacts électroniques.

Gwen Le Cor (Professeure des universités en Littérature américaine et anglais de spécialité, Université Paris 8) explorera l’imaginaire littéraire de l’eau, des fluides et des dispositifs scientifiques. Elle se basera sur un corpus mixte de textes imprimés et électroniques qui traitent de l’appropriation littéraire des notions et concepts scientifiques.

Everardo Reyes (Maître de conférences HDR en Sciences de l’information et de la communication, Université Paris 8) tissera ensemble des techniques et des méthodes de différents domaines afin de produire des modèles innovants de visualisation de données pour les objets et processus culturels contemporains.

Andrea Sosa (Enseignant-chercheur à temps plein, Facultad de Artes, Universidad Nacional de La Plata, Argentine) concevra des activités d’enseignement, des objets artistiques et des expositions pour promouvoir les résultats du projet.

Anastasia Tyurina (Enseignant en design à la Griffith University, Australia, et enseignant-chercheur en Arts et design, National Research University of Electronic Technology – MIET, Russie) poursuivra ses propres travaux sur les artefacts optiques basés sur la microscopie électronique et sur des formes d’interaction homme-machine. Elle explorera différentes sources d’eau et produira des œuvres d’art interactives.

Porteurs du projet : Everardo Reyes (Paris 8/Paragraphe) et Gwen Le Cor (Paris 8/TransCrit)

Queering the city ? A Transtlantic Perspective

Après la mise en place d’un séminaire de recherche transversal intitulé « Intersectionnalité, cultures, politiques » au sein du CREA à l’Université Paris Nanterre, le projet se poursuit avec une nouvelle étape clé ; l’organisation d’un colloque international qui se tiendra du 11 au 13 juin 2020 avec nos premiers partenaires ; l’Université Paris Nanterre, l’Université Paris 8, la Fondation des États-Unis, le Centre Pompidou et nous l’espérons avec l’EUR ARTEC.

L’objectif de cette manifestation scientifique est de questionner les relations entre genre / sexe / race / validité et espace. Est-il possible, dans un espace urbain marqué par les rapports sociaux de résister aux contraintes, de « queeriser » la ville ? Si l’on entend le terme « queer » dans le sens où l’utilise Kath Browne1 : « qui opère au-delà des pouvoirs et des contrôles qui assurent le respect de la normativité », alors « queeriser la ville » implique de redessiner, reconceptualiser, repenser, recartographier, pour refaire les corps, les espaces et les géographies.

On posera la question du lien entre l’existence de stratégies de résistance aux normes et la création de territoire dans une perspective transatlantique. Des conférences plénières de spécialistes des espaces queers et des géographies des résistances ont été programmées. De nombreuses communications proposées par des chercheurs internationaux ont été reçues et sont en voie de sélection. Sont également prévues des présentations d’artistes contemporain·es et des interventions de militant·es féministes et LGBTQI+.

Ce colloque visera à interroger la création de territoire que ce soit par les mouvements sociaux, par l’urbanisme ou par les politiques identitaires, en France et aux États-Unis. On pourra questionner notamment la création de territoire sur le long terme et ses limites intersectionnelles (genre, race, validité…). Enfin, puisque le corps est aussi un lieu et une performance dans l’espace de la ville états- unienne, on s’intéressera aux stratégies de « performance » dans la ville par l’art et en utilisant la théâtralité de l’espace. Quel est l’effet de la transgression des artistes qui utilisent le corps pour casser les codes sociaux préétablis dans des performances qui visent à « queeriser » la ville, à la transformer, et à flouter les frontières de genre ?

Ce nouveau temps fort de notre projet, innove particulièrement tant par le sujet qu’il met en perspectives que par sa forme avec l’organisation de conférences plénières avec des spécialistes internationaux mais aussi des performances d’artistes en intérieur comme en extérieur et dans plusieurs sites.

Ce colloque international constitue le premier volet d’un projet de recherche plus vaste qui permettra à terme de développer d’autres actions, avec d’autres partenaires scientifiques et artistiques dans le cadre d’une recherche-action.

Porteuse du projet : Laurence GERVAIS

En collaboration avec : Université Paris Nanterre, Ens Louis lumières, Université Paris 8, Fondation des États-Unis, Centre Georges Pompidou


Polemika

Polemika, projet financé par les Trophées franciliens de l’innovation numérique dans le supérieur (Trophées EdTech) et l’EUR ArTeC (Ecole Universitaire de Recherche) vise à développer un générateur automatique d’arguments (une intelligence artificielle) pour l’éducation à l’esprit critique. Dans ce projet, l’équipe interdisciplinaire ambitionne aussi d’étudier la nature des émotions ressenties lors de la réception des fake news. En effet, s’il est évident que les fake news « fonctionnent » sur les émotions (Poissenot, 2018), peu d’études détaillées sur la nature de ces émotions et leur intensité ont été menées, excepté le travail de Bakir et McStay (2018), mais qui pourrait être approfondi. Nous travaillons donc actuellement à la conception d’un dispositif de collecte des émotions liée à la réception de « nos » fake news générées automatiquement. Ce dispositif de captation des émotions liées aux fake news a été prototypée dans le cadre d’un Hackathon intitulé « Challenge Fab & Lab 2020 » organisé par le Carrefour numérique de la Cité des Sciences et de l’Industrie à Paris du 24 au 26 janvier 2020.

S’appuyant sur des travaux menés au laboratoire Paragraphe (Balpe, 2018 ; Reyes, 2016, Szoniecky, 2012 ; Hachour, 2012) sur un générateur automatique de texte, nous disposons d’une infrastructure pour la génération automatique de structures textuelles.

Ce projet est à la croisée interdisciplinaire de plusieurs champs de recherche et d’expertises : pédagogie et sciences de l’éducation, psychologie, informatique et sciences de l’information. Nous le menons donc avec des chercheurs de ces différentes spécialités mais le fondement disciplinaire s’inscrit en SIC notamment parce que les travaux sur l’EMI, l’Information Literacy et l’esprit critique sont bien ancrés en SIC. Nous avons, dans d’autres publications explicité les racines de ce travail (Desfriches Doria, Dessinges, Ihadjadène, 2018 ; Desfriches Doria et Ihadjadène, 2016), et réalisé une revue de la littérature relative à l’esprit critique dans Desfriches Doria (2018) : notre conception de l’esprit critique qui tente de situer cette notion dans ses différentes dimensions fondamentales et numériques s’appuie sur l’approche de la culture numérique de Millerand (2003).

Partant du constat de la généralisation du phénomène des fake news, et dans le contexte numérique décrit en introduction, Polemika vise à générer des arguments mais aussi de l’absurde, des caricatures, des exagérations, voire des fake news, afin de faire travailler l’esprit critique des utilisateurs du dispositif, de manière ludique et interactive. Ainsi une des hypothèses consiste à observer si à travers la répétition de la mise en œuvre d’opérations de prise de distance, de prise de recul lors de laconfrontation itérative à des énoncés plausibles, mais faux, ou à des énoncés absurdes ou caricaturaux, générés par Polemika, on parvient à augmenter la qualité des critiques réalisées sur les énoncés, mais également à diminuer l’impact émotionnel, à travers un processus « d’habituation » et d’éducation, qui vise à porter les publics à aller vérifier l’information plutôt que de commencer par réagir émotionnellement.

Porteurs du projet : Orélie Desfriches Doria et Samuel Szoniecky

En collaboration avec : PSL – Paris Sciences et Lettres,  Université Paris 1, Université Paris 3, Sorbonne Université

Appel à candidatures, contrats doctoraux 2020-2023

Nous traversons un moment difficile. Nous avons cependant décidé de poursuivre nos activités en particulier en direction des jeunes chercheur.e.s. 

L’ École Universitaire de Recherche ArTeC propose deux contrats doctoraux, d’une durée de trois ans.

Les candidat.e.s devront remplir le formulaire ci-joint et l’envoyer à l’adresse : eur-artec@u-plum.fr accompagné des pièces complémentaires demandées avant le 3 juin 2020, à 8 heures du matin.

Le sujet et la méthodologie devront s’inscrire dans l’un au moins des trois grands axes de l’EUR ArTeC :

1- La création artistique comme activité de recherche

2- Nouveaux modes d’écritures et de publications

3- Technologies et médiations humaines

L’inscription dans une école doctorale étant obligatoire, un dossier d’admission en doctorat est à retirer et à déposer parallèlement auprès de l’une des écoles doctorales des deux universités partenaires de l’EUR ArTeC :

  • Paris 8 : ED 159 Esthétique, sciences et technologies des arts
  • Paris 8 : ED 31Pratiques et théories du sens
  • Paris 8 : ED 224 Cognition, langage, interaction
  • Paris 8 : ED 401 Sciences sociales
  • Paris Nanterre : ED138 Lettres, langues, spectacles
  • Paris Nanterre : ED139 Connaissance, langage et modélisation

Conditions de candidature

Il n’y a pas de conditions d’âge ou d’année d’obtention du Master.
Cependant, la candidature au contrat doctoral financé par l’EUR ArTeC n’est recevable que pour les étudiant.e.s inscrit.e.s en 1e année de thèse en 2020-2021.
Le projet de chaque candidat.e devra clairement s’inscrire dans le programme scientifique de l’EUR ArTeC.
Le ou la directeur(trice) de recherche pressenti(e) doit être membre titulaire d’une équipe de recherche de l’EUR ArTeC.

Calendrier du concours

  • Publication de l’appel : 16 mars 2020
  • Fin du dépôt de candidature : mercredi 3 juin 2020 à 8 heures du matin (heure de Paris) à l’adresse : eur-artec@u-plum.fr
  • Instruction des dossiers et présélection des candidat.e.s admissibles : 16 juin 2020
  • Audition par le Conseil Académique : 23 juin 2020
  • Résultats annoncés à partir du 29 juin par voie électronique et publiés sur le site internet d’ArTeC.

Temps modernes

Le but de ce projet de recherche est de réfléchir sur le sens et l’avenir des revues généralistes au XXIe siècle, et cela de manière expérimentale, en reprenant une des revues les plus emblématiques du XXe siècle, Les Temps Modernes, fondée par Sartre en 1945, pour imaginer ce que serait une version contemporaine de cette publication, fidèle à ses orientations d’origine mais informée des problèmes particuliers de ce format aujourd’hui ainsi que des propriétés du contexte actuel (sociales, économiques, techniques, intellectuelles) qui contraignent sa réalisation. Il s’agit de procéder de manière contrefactuelle, au moyen d’une véritable uchronie en temps réel, en formant un groupe de recherches et de travail qui se réunira au cours d’un séminaire de recherche et de création, qui a pour but d’imaginer un prototype de ce que serait cette revue, autrement dit un numéro 0, mettant ainsi en œuvre une expérience grandeur nature sur les nouveaux modes d’écriture et de publication.

État de l’art

Le sort des revues généralistes est devenu incertain. Pièces centrales de la vie intellectuelle au XIXe et XXe siècles, certaines disparaissent (Les Temps ModernesVacarme), d’autres deviennent invisibles (l’Infini, la NRF…) ou visibles à leurs dépens (La Revue des deux mondes). Cette crise concerne à la fois le modèle économique, les formats techniques et artistiques, ainsi que les contenus de ces publications et leur écho. Plus généralement elle est un indicateur privilégié des transformations du « champ intellectuel » sous l’effet de processus sociaux, politiques, économiques, technologiques, idéologiques, qui restent largement incompris.

Il n’existe aucun travail portant spécifiquement sur les revues généralistes. La catégorie n’est nulle part définie et, s’il existe des tentatives pour donner une vision synoptique de l’ensemble des revues en France (voir Sophie Barluet, « Les revues françaises aujourd’hui : entre désir et dérives, une identité à retrouver », Rapport de mission pour le CNL, avril 2006), il n’en existe pas pour les revues généralistes. Parmi ces travaux, aucun n’a fait de la fabrication d’une d’entre elles un terrain expérimental.

Objectifs

Ce projet propose une expérience au sens strict, c’est-à-dire la mise en œuvre d’un modèle artificiel et manipulable permettant de mettre à l’épreuve des hypothèses sur les paramètres déterminants dans la production de certains phénomènes, en les testant au niveau du modèle artefactuel, donc virtuel. En l’occurrence, afin de réfléchir sur le phénomène des revues généralistes et aux transformations qu’elles connaissent, on proposera la fabrication du prototype de ce que pourrait être la version contemporaine d’une des revues les plus emblématiques du XXe siècle, Les Temps Modernes, fondée par Sartre en 1945. Cette version doit être à la fois fidèle aux orientations d’origine de la revue et à son histoire, mais aussi informée des problèmes particuliers que ce format rencontre aujourd’hui, ainsi que des propriétés du contexte actuel (sociales, économiques, techniques, intellectuelles, etc.) qui modifient son horizon de possibilité et peut-être même son sens, et qui constituent autant de paramètres à intégrer dans le modèle.

Les questions qu’il s’agit de traiter sont les suivantes : 

Qu’est-ce qui définit une revue généraliste ? Quelles catégories de contenus doivent être y représentés ? Quel rôle y jouent la politique, la littérature, l’image, etc. ? Quels niveaux de spécialisation autorise-t-il ou prohibe-t-il ?

Qu’est-ce qui en a justifié (ou expliqué) l’existence dans le passé ? Le temps présent est-il incompatible avec cette forme, ou est-ce seulement une question d’adaptation aux nouvelles conditions technologiques, économiques, idéologiques et sociales ? Comment décrire ces nouvelles conditions précisément ? 

Quelles nouvelles opportunités ces transformations laissent-elles entrevoir ? Les outils de recherche intelligente par exemple pourraient permettre de générer des numéros spéciaux adaptés à des requêtes individuelles à partir d’un corpus d’archives. Les réseaux sociaux permettent une variation de formats. Etc. 

Ces questions et d’autres seront traitées de manière pratique et expérimentale en posant la question concrète de ce que pourrait être une nouvelle formule de la revue Les Temps Modernes et en en proposant une réalisation contrefactuelle sous la forme d’un double virtuel de la revue, fantôme bien vivant mais parallèle à sa disparition réelle. On s’essaiera ainsi à une véritable uchronie en temps réel, puisque la revue a été arrêtée, à la mort de Claude Lanzmann, en 2018, par la décision du propriétaire du titre, les éditions Gallimard, contre l’avis du comité de rédaction, qui s’était choisi une nouvelle direction avec Patrice Maniglier et Juliette Simont. Ceux-ci ont rédigé une nouvelle formule pour la revue, qui n’a pas reçu l’approbation du propriétaire du titre. Les éditions Gallimard n’ont pas encore précisé leurs intentions exactes et envisagent de transformer le titre en une collection d’ouvrages sans abonnement ni périodicité. Cette situation, qui pourrait donner lieu à des considérations mélancoliques, peut être aussi l’occasion de mettre en œuvre une démarche expérimentale sur le problème général qui est à l’origine de cet événement singulier, à savoir le problème de la situation des revues en général. Le destin de la revue Les Temps Modernes pourra au moins servir de terrain d’instruction collective et poursuivre ainsi jusqu’au bout ce qui est après tout sa mission depuis toujours : contribuer à l’intelligibilité du présent, y compris sur le cas de sa propre fin. Il n’est pas à exclure d’ailleurs que le projet puisse nourrir de nouvelles versions réelles de la revue à l’avenir, soit sous le même titre, les éditions Gallimard ayant exprimé leur volonté de prendre le temps de la réflexion, soit sous un titre alternatif, si le projet de recherches mettait en évidence la pertinence d’une telle entreprise aujourd’hui.