Contrat post-doctoral 2021

L’ École Universitaire de Recherche ArTeC propose deux contrats post-doctoraux d’une durée d’un an.

Les candidat.es devront remplir le formulaire ci-joint et l’envoyer à l’adresse : eur-artec@u-plum.fr accompagné des pièces complémentaires demandées avant le 9 octobre 2020, à 8 heures du matin.

Les propositions pour un contrat post-doctoral 2021 doivent s’inscrire dans l’un des trois axes de recherche de l’EUR ArTeC :

         1. La création comme activité de recherche

         2. Nouveaux modes d’écritures et de publications 

         3. Technologies et médiations humaines

Les candidat.es à un contrat post-doctoral devront être rattaché.es à l’un des laboratoires suivants, dont l’un.e des membres titulaires HDR sera désigné.e comme tuteur.trice :

  • EA 4414 Histoire des arts et des représentations, HAR (Paris Nanterre)
  • EA 4010 Arts des images & art contemporain, AIAC (Paris 8)
  • EA 1572 Esthétique, musicologie et création musicale, musidanse (Paris 8)
  • EA 1573 Scènes du monde, création, savoirs critiques (Paris 8)
  • EA 4008 Laboratoire d’études et de recherche sur les logiques contemporaines de la philosophie, LLCP (Paris 8)
  • EA 349 Paragraphe (Paris 8)
  • EA 4004 Cognition humaine et Artificielle, CHART-THIM (Paris 8)
  • UMR 7023 Structures formelles du langage, SFL (Cnrs, Paris 8)
  • UMR 7217 Centre de recherches sociologiques et politiques de Paris, CRESPPA  (CNRS, Paris 8, Paris-Nanterre)
  • UMR 8238 Laboratoire d’études de genre et de sexualité, LEGS CRESPPA  (CNRS, Paris 8, Paris-Nanterre)
  • EA 4385 Laboratoire d’études romanes, LER (Paris 8)
  • EA 1569 Transferts critiques et dynamique des savoirs, TransCrit (Paris 8)
  • EA 7322 Littérature et histoires, esthétique, LHE (Paris 8)
  • EA 4386 Laboratoire parisien de psychologie sociale, LAPPS (Paris 8, Paris Nanterre)
  • EA 2302 Esthétique, sciences et technologies du cinéma et de l’audiovisuel (Paris 8)
  • EA 3388 Centre d’études sur les Médias, les Technologies et l’Internationalisation, CEMTI (Paris 8)
  • EA 7339 Dispositifs d’information et de communication à l’ère numérique- Paris Ile de France, Dicen-Idf (Paris-Nanterre, cnam, UPEM)
  • EA 373 Institut de recherches philosophiques, IRePh (Paris Nanterre)
  • EA 4416 Laboratoire Energétique Mécanique Electromagnétisme, LEME (Paris Nanterre)
  • EA 370 Centre de Recherches Anglophones (Université Paris Nanterre)
  • EA 369 Etudes Romanes (Paris Nanterre)
  • EA3931 Centre de Recherche en Littérature et Poétiques comparées LIPO, (Paris Nanterre)
  • EA1586 Centre des Sciences des littératures en langue Française, CSLF (Paris Nanterre)

Ouverture appel à projets 2021

L’EUR ArTeC lance son appel à projets Recherche pour l’année 2021.

Le dépôt se fera en ligne sur la plateforme : www.appelaprojets.eur-artec.fr

Les projets portant sur les arts et les cultures numériques en rapport avec le thème de la Symbiose seront particulièrement bienvenus, pour s’intégrer dans le Symposium International pour les Arts Numériques (ISEA) dont ArTeC est coorganisateur et qui se déroulera à Paris en 2023.

Les candidatures à cet appel à projets doivent répondre aux conditions cumulatives suivantes :

1- Être rattaché à l’une de ces institutions partenaires :

  • Université Paris Lumières (UPL)
  • Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis (UP8)
  • Université Paris Nanterre (UPN)
  • Centre national de la recherche scientifique (CNRS)
  • Centre des Arts d’Enghien-les-Bains (CDA)
  • Centre Pompidou-Metz
  • École nationale supérieure Louis-Lumière (ENS-Louis-Lumière)
  • École nationale supérieure des Arts Décoratifs (ENSAD)
  • Centre national de danse contemporaine – Angers (CNDC-Angers)
  • Conservatoire national supérieur d’art dramatique (CNSAD)
  • Réunion des musées nationaux – Grand Palais (RMN-Grand Palais)
  • Centre national d’art et de culture Georges Pompidou (CNAC-GP)
  • Campus Condorcet Paris-Aubervilliers
  • Bibliothèque nationale de France (BNF)
  • Archives nationales
  • Centre National Édition Art Image (CNEAI)

2- S’insérer dans au moins un des trois axes scientifiques majeurs d’ArTeC et interagir avec un des douze champs de recherche et d’expérimentation

3- Engager au moins deux institutions partenaires membres du consortium ArTeC (comme l’Université Paris 8, l’Université Nanterre, l’ENSAD, le Centre Pompidou, la BNF, l’ENS Louis Lumière, etc.) dont la liste est fournie ci-dessus.

4- Développer un volet de formation par la recherche en relation avec le sujet du projet, sous la forme d’un atelier-laboratoire, d’un séminaire de master et/ou doctorat, etc. Uniquement pour les projets Grand Format.

ATTENTION : Veuillez noter que pour un projet se déroulant sur l’année civile 2021, votre module de formation peut avoir lieu au deuxième semestre 2020-2021, au premier et au deuxième semestres 2021-2022.

Important : le renouvellement ne pourra pas dépasser les deux ans.

Les propositions devront s’inscrire dans l’un des cadres suivants :

PETIT FORMAT : 

–       budget maximum : 10 000 euros maximum €

–      projet sur un an 

–      il n’y a pas d’exigence de module de formation

GRAND FORMAT : 

–      à titre exceptionnel, le budget pourra se monter jusqu’à un maximum annuel de 30 000 € (25 000 € s’il n’y a pas de dépenses en personnel)

–       la plupart des budgets annuels accordés précédemment se sont situés entre 10 000 et 18 000 €

–       il convient de préciser si le projet est présenté sur une, deux ou trois années

A NOTER 

=> Pour les projets demandant un renouvellement, merci de remplir le formulaire correspondant. Les activités budgétées pour 2020 n’ayant pas pu se tenir pour cause de grève ou de coronavirus devront être reportées (et signalées comme telles) dans le nouveau budget proposé pour 2021. Vous avez également la possibilité de demander une année blanche: c’est-à-dire reporter les activités et le budget de 2020 en 2021, et la deuxième année de votre projet de recherche en 2022. Pour cela, merci de nous en informer par mail.

=> Si vous avez bénéficié d’un projet grand format pendant 3 ans, il est demandé une année de césure avant de déposer un nouveau projet.

Les dossiers sont à déposer sur la plateforme en ligne (disponible début juin) avant le vendredi 25 septembre à 8h00 (heure de Paris) sur le site de l’EUR ArTeC.

La direction d’ArTeC sera à disposition des porteur.es de projet pour répondre à leurs questions lors d’une visioconférence le mardi 30 juin de 10h à 13h. Prière de s’inscrire avant le vendredi 26 juin par mail à eur-artec@u-plum.fr

CALENDRIER

-Lancement de l’Appel à projets 2021 : 6 mai 2020

-Clôture du dépôt des projets : 25 septembre 2020 8h00 (heure de Paris)

-Sélection des candidatures par le Conseil académique : 24 novembre 2020

-Envoi des réponses par courrier électronique :avant le 4 décembre 2020

CONTACTS

Jeanne-Marie PORTEVIN – Coordinatrice générale Jeanne-marie.portevin@univ-paris8.fr

Aline BENCHEMHOUN – Chargée de la coordination et de la valorisation des projets de recherche Aline.benchemhoun@univ-paris8.fr


Immersive HybridPlace

Immersive HybridPlace : the eye witness framework

Immersive HybridPlace est une installation interactive multi-utilisateur en Réalité Mixte. Le projet propose de créer une passerelle entre des contenus en réalités virtuelle et physique par une expérience spatialeaugmentée. Son objectif principal est d’interroger cet aspect majeur de la condition médiatique contemporaine: le témoignage vidéo en- registré au smartphone. Un dispositif technologique sur mesure sera créé permettant d’exposer des témoignages vidéo d’événements en invitant l’utilisateur à se positionner au sein d’une reconstruction de la scène documentée. Ainsi, le dispositif situe l’utilisateur dans une condition de spectateur engagé et dans une recherche active de véri- té dans l’image.

Le dispositif utilise la technologie du tracking pour reproduire en temps réel la spatialité de la scène documentée, afin d’y immerger l’utilisateur. Un environnement en réalité virtuelle (VR) est d’abord reconstruit en 3D à partir des éléments d’espace visible sur le té- moignage vidéo. Puis, dans un espace d’exposition physique, la scène 3D reconstruite est projetée. Dans cet espace, une zone se démarque, correspondante à la projection du smartphone utilisé pour enregistrer le témoignage vidéo. L’utilisateur prend dans ses mains un objet tracké correspondant à un smartphone factice, et projette le cadre sur les murs. Ce dernier est juxtaposé au cadrage de sa camé- ra virtuelle. Avec ces gestes, l’alignement du cadre de son point de vu avec l’espace virtuel fonctionne comme déclencheur : la lecture du témoignage vidéo démarre. Par conséquence, l’utilisateur se retrouve en proximité intime avec la scène dont il découvre l’enregistrement, dans une configuration qui simule celle du témoin lui-même. L’instal- lation physique, immersive et interactive fonctionne comme un pontvers la scène 3D reconstruite, sans obliger le public à s’immerger complètement dans la scène via un casque VR. Ce dispositif permet aussi une expérience multi-utilisateur immersive et simultanée tout en restant moins exigeant en termes de ressources et d’équipements que la VR multi-utilisateur.

Le dispositif propose ainsi à l’utilisateur de poursuivre un point de vue, celui du sujet témoin, qu’il ou elle a laissée dans la scène re- construite. La question du contenu situé à l’intérieur du cadre et/ou hors du cadre se pose à chaque instant: l’utilisateur doit constam- ment recadrer son appareil de vision pour que l’information disponible ne lui échappe pas. En invitant à cette chorégraphie du témoignage vidéo, le dispositif fait de l’utilisateur un “spectateur engagé.” Par là, le projet souligne le rapport à l’image nécessaire dans la conditioncontemporaine de post-vérité qui requiert un investissement actif

de chacun dans la lecture et l’interprétation des images. En cela, le projet s’inscrit dans la recherche d’une ”esthétique d’investigation” – notion proposée par Forensic Architecture, le laboratoire d’enquête spatiale et médiatique basé à l’université Goldsmiths de Londres. Par la reconstruction des conditions techniques et spatiales du témoi- gnage vidéo, le projet invite à la réflexion critique sur la singularité et la signification culturelle de ce mode médiatique particulier.

Porteuse du projet : Sophia Kourkoulakou (doctorante chercheure INREV/Université Paris8, membre de Spatial Media EnsadLab, EN- SAD/PSL University)
En collaboration avec Dr. Francesco Sebregondi (Forensic Architec- ture/Goldsmiths, University of London)

Équipe du projet :
Chu Yin Chen, professeure Univesité Paris 8 INREV – AIAC François Garnier, professeur EnsadLab Spatial Media ENSAD/ PSL University

En collaboration avec : EnsadLab, ENSAD/PSL University

Angles morts du numérique – 24 sept. au 1 oct.

Les dernières décennies ont été caractérisées, à l’échelle mondiale, par une accélération exponentielle des domaines d’activités et des pans de réalité qui se voient reconfigurés de l’intérieur par la computation (digitalisation, algorithmisation, communication). Ce « numérique » (généralement conjugué au singulier), en passe de devenir « ubiquitaire », est alternativement interprété comme assurant une transparence intégrale ou comme imposant une surveillance généralisée. Transhumanistes et conspirationnistes ont toutefois en commun de négliger les angles morts (à décliner au pluriel) qui sont inhérents à toute perception du monde, fût-elle programmée et nourrie de big data. Ce sont quelques-uns de ces angles morts des visions programmatrices actuellement à l’œuvre dans la mise en place d’un numérique conçu à la fois comme une force et comme une menace, que ce colloque discutera, en s’appuyant sur des situations concrètes proposées par le Cercle des partenaires de Cerisy, avec l’espoir d’en tirer quelques leçons et orientations d’intérêt général. Il réunira des artistes, des chercheurs, des designers, des étudiants, des praticiens du numérique dans des institutions variées et des responsables d’entreprises, d’associations et de la fonction publique, ainsi que toute personne intéressée par les sujets traités.

Jeudi 24 septembre
Après-midi
Accueil des participants

Soirée
Présentation du Centre, du colloque et des participants
Présentation de DisNovation


Vendredi 25 septembre
Matin
INTRODUCTION GÉNÉRALE ET CADRAGES ÉTHIQUES
Angles morts et visibilité ubiquitaire, Yves CITTON
Angles morts d’une éthique utilitariste by design,Vanessa NUROCK & Marie-Hélène PARIZEAU

Après-midi
PERSPECTIVES ÉCOLOGIQUES
Les contraintes écologiques, Fabrice FLIPO

Villes et low tech ?, table ronde avec Sénamé KOFFI AGBODJINOU, Ernesto OROZA (Les low tech à Cuba) et Justinien TRIBILLON (Les villes)

Soirée
Problèmes posés par le Cercle des partenaires de Cerisy, table ronde animée par Olivier LECOINTE, avec la participation des partenaires présents


Samedi 26 septembre
Matin
PERSPECTIVES ESTHÉTIQUES (I)
Quelques implications de la numérisation
Sensibilité mondiale et computation planétaire, Mark B.N. HANSEN
Trois morts subites [Performance], Olivier BOSSON

Après-midi
PERSPECTIVES SOCIO-POLITIQUES (I)
Algorithmes et méga-plateformes : quelles souverainetés ? quelles subjectivités ?
Le capitalisme de plateformes, Matteo PASQUINELLI
Intervention de Côme BERBAIN
Temps, droit et gouvernementalité algorithmique, Antoinette ROUVROY

Soirée
PERSPECTIVES ESTHÉTIQUES (II)
L’IA revisitée par les pratiques artistiques, Marie LECHNER


Dimanche 27 septembre
Matin
PROSPECTIVES IMAGINAIRES
Ré-ouverture des imaginaires
Métamorphose des idées, valeurs, esprit, Francis JUTAND
 L’horizon des communs, Lionnel MAUREL

Après-midi
Numérique, imaginaire et design
Standards, critiques et contre-emplois, Anthony MASURE & Alexia MATHIEU

Potentiels du design et de ses contre-emplois, atelier avec Mathilde BUENERD (Chatbot et affects), Jürg LEHNI, Manon MÉNARD (Asperger et IA) et Marta REVUELTA (Reconnaissance faciale et sécurité)

Premiers retours des doctorants et doctorantes : rapports d’étonnement et alternatives de recherches

Soirée
PERSPECTIVES ESTHÉTIQUES (III)
Atelier 1 de DisNovation, animé par Nicolas MAIGRET & Maria ROSZKOWSKA


Lundi 28 septembre
Matin
PERSPECTIVES ALTERNATIVES SUR L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE
Vers une IA douce, Nicolas DEMASSIEUX
Intelligences végétales, Samuel SZONIECKY
Anaïs BERCK [Performance]

Après-midi
« HORS LES MURS »
Visites et rencontres dans la Manche

Soirée
Le rapport de CESER Normandie sur l’IA, Nicole ORANGE
Table ronde avec les acteurs rencontrés l’après-midi


Mardi 29 septembre
Matin
PERSPECTIVES SOCIO-ÉTHIQUES (I)
Le travail humain en contexte de numérique ubiquitaire
Systèmes numériques et organisation du travail, Hubert GUILLAUD
Présentation du rapport de l’Institut de métiers d’Orange sur l’IA, François PICHAULT

Le facteur humain est-il soluble dans le Numérique ? table ronde avec Yohan AMSTERDAMER (RATP) et Fatie TOKO (La Poste)

Après-midi
PERSPECTIVES SOCIO-POLITIQUES (II)
Numérisation des espaces publics
Une économie politique du déploiement urbain du numérique, Raphael LANGUILLON

Intelligence artificielle et dispositifs d’identification numériques, table ronde avec Élodie LEMAIRE (MCF, Université de Picardie Jules Verne), Félix TRÉGUER (Reconnaissance faciale) et un représentant de Cyclope (Reconnaissance de plaques d’immatriculation)

Deuxièmes retours des doctorants et doctorantes : rapports d’étonnement et alternatives de recherches

Soirée
PERSPECTIVES ESTHÉTIQUES (IV)
Atelier 2 de DisNovation, animé par Nicolas MAIGRET & Maria ROSZKOWSKA


Mercredi 30 septembre
Matin
PERSPECTIVES SOCIO-ÉTHIQUES (II)
Visibilités et invisibilisations algorithmiques, table ronde avec Muriel BARNÉOUD (Problèmes d’éthique du point de vue de La Poste), Dana DIMINESCU et Saul PANDELAKIS (Genre et algorithmes)

Après-midi
Les algorithmes sont-ils bons pour la santé ?
Communiquer par logiciel pour des personnes n’ayant pas l’usage de la parole, Philippe AUBERT
Big Data et santé, Emmanuel BACRY

La santé numérisée, entre fragmentation du corps social et réhabilitation des corps individuels, table ronde animée par Jean-Louis BANCEL, avec Roxane ADLE AIGUIER, Manon MÉNARD (Asperger et IA) et un représentant de la MAIF (Fragmentation vs mutualisation)


Jeudi 1er octobre
Matin
SÉANCE CONCLUSIVE
Présentation et discussion du manifeste des doctorants et doctorantes
Enseignements recueillis sur les problèmes présentés par les entreprises

Après-midi
Table ronde organisée avec le Conseil départemental de la Manche, animée par Sylvain ALLEMAN

Pour en savoir plus

La Minga

Ce projet est une conversation autour d’une sculpture Land Art à très grande échelle « La Minga Espiral », via un appel à rassemblement de la communauté indigène NASA du Cauca en Colombie. Cet appel à rassemblement, communément appelé  » La Minga » signifie « un travail collectif en vue d’un objectif commun. » L’intention de ce projet de Land Art est de générer un module théorique qui mettra en relation la pensée indigène, la philosophie et l’anthropologie post- structurale.  Ce module théorique à orientation interdisciplinaire sera délivré dans L’Université Autonome Indigène Interculturelle du Cauca en Colombie.

« Danser avec le vent pour appeler la pluie. »

Une des cérémonies des médecins traditionnels (les chamans) de la communauté NASA avec laquelle nous travaillons est d’appeler la pluie en lui faisant honneur à travers tout un répertoire d’action collective. Dans la pensée Amérindienne, le chaman est celui qui opère un glissement à travers un champ d’indiscernabilité́ entre l’autre et le soi et qui pour ainsi dire, peut mieux se connaître en se désubjectivisant. Dans son essai « Métaphysiques Cannibales », l’anthropologue Eduardo Viveiros de Castro explique que, connaître dans la pensée Amérindienne c’est prendre le point de vue de ce qui doit être connu et non pas objectifier comme c’est le cas dans la pensée occidentale. Le chaman, en puisant dans un champ d’unité-multiplicité, libère la possibilité de parler avec la montagne, de devenir jaguar, de soigner l’autre par la pensée.

La pensée indigène opère donc à travers un système de pensée personnifiant, c’est-à-dire, un mode relationnel où la pluie et le vent sont des personnes et où « les jaguars et les hommes étaient toujours la même chose.  »

Datant des temps précolombiens, dans le contexte Amérindien, les géoglyphes de Nazca au Pérou, les pyramides de Chichén Itza au Mexique et les Hypogées de Saint Andres de Pisimbala en Colombie, sont autant de structures symboliques de ce mode de pensée personnifiant et relationnel. En effet, ce sont des lieux où la conversation fondamentale est celle de la synchronisation entre le cosmos et l’architecture.

Né dans les années 60, le mouvement artistique du Land Art fait écho à ce mode relationnel car ses fondations se déploient à des dimensions géologiques où tous les éléments font partie du processus de signification. Dans le Land Art, ce n’est plus une conception du corps anthropocentrique mais bien du corps terrestre dont il s’agit. Les travaux d’artistes comme ceux de Michael Heizer, Nancy Holt, Agnes Degnes, Robert Smithson et Walter De Maria résonnent avec les travaux ancestraux de Nasca et Teotihuacan ; où le véritable objet d’art n’est pas l’image peinte d’un paysage mais le paysage lui-même sur lequel nous dessinons notre réalité, à partir d’une transformation de ce paysage. Comme l’expliquait l’artiste Allemand Joseph Beuys, la sculpture ne doit plus se concevoir comme matérialité de l’objet étudié mais comme matérialité associée à toutes formes de configuration symbolique. En effet, ce projet cherche à ouvrir un dialogue avec la configuration symbolique du territoire colombien et de cette manière, penser la sculpture comme véritable outil de transformation sociale. La pertinence de cette conversation dans le contexte contemporain, réside justement dans le fait qu’il n’existe pas de mot pour L’art dans le langage NASA YUWE. Ce qui permet à l’artiste d’entrer dans un espace potentiel de relation où l’art se pense sans l’art. 

Pour en savoir plus : site internet du projet

Porteurs du projet : Clara Melniczuk (Doctorante, LHE, Paris 8)Julian Dupont ( Artiste plastique), Anna Seiderer (Maître de conférences au département d’arts plastiques de l’Université Paris 8)

En collaboration avec : Université Autonome Indigène Interculturelle du Cauca, (UAAIN) , Conseil Régional Indigène du Cauca (EL CRIC), Université Paris 8  EA 7322 Littérature et histoires, esthétique (LHE) EA 4010, Arts des images et art contemporain Universidad Del Cauca (AIAC)

Écrire en commun(s). Arts, écologies, transitions

Le projet souhaite mettre en œuvre une véritable écriture en commun(s) pour la rédaction d’un livre et d’un site internet sur le tournant écologique de l’art. Nous proposons d’utiliser la notion de transition pour nommer les nouvelles pratiques qui en résultent. Adoptant une perspective écosophique, le livre tentera d’articuler les questions d’écologie environnementale, mentale, sociale… pour désigner les diverses modalités avec lesquelles l’art d’aujourd’hui redéfinit les processus de subjectivation ainsi que l’émergence de collectifs, questionne les affects ou les relations au corps, se focalise sur l’écoute, s’interroge sur la notion d’auteur… 

Pensé comme un manifeste plutôt que comme un livre de spécialiste, le livre (qui paraîtra en anglais, avec sa version en ligne, enrichie de documentation multimédia, en français) se présentera sous forme d’abécédaire notionnel. Les notices, en nombre limité – une cinquantaine d’environ 8000 signes chacune – ont déjà fait l’objet d’une commande et seront remises avant la fin de l’année 2019. L’enjeu du projet à travers les séminaires, le module pédagogique, les résidences et les diverses autres rencontres qui auront lieu sera de retravailler ces notices pour aboutir à un ton commun respectant la diversité et complexité des points de vue, mais évitant la simple juxtaposition des discours spécialisés. Un colloque international (les Troisièmes Rencontres Arts, écologies, transitions) sera l’occasion de rendre public le fruit de ce travail auprès du réseau qui a commencé à être tissé, tout en ouvrant de nouvelles perspectives.

Le cadre commun du livre est le suivant :

1. Abécédaire plutôt que dictionnaire ou atlas : un projet non pas encyclopédique, recherchant une neutralité ou une universalité, mais au contraire, un projet affirmant un point de vue, des priorités, des choix. Le format abécédaire donne une liberté (nombre d’entrées par lettre), une identité plutôt ludique qu’académique.

2. Manifeste plutôt que livre de spécialistes : il s’agit d’affirmer, à la fois dans une introduction « sonnant » comme un manifeste,  et dans les choix d’entrées, et leur mode de rédaction, un point de vue, des valeurs, des axes principaux. Le catalogue des entrées est donc pensé à l’aune de ce point de vue « partial » mais explicite (explicité par l’introduction).

Porteurs du projet : Roberto Barbanti, Isabelle Ginot, Makis Solomos, Cécile Sorin

Équipe du projet : Yann Aucompte, Joanne Clavel, Agostino Di Scipio, Antoine Freychet, Alice Gervais-Ragu, Guillaume Loizillon, Kostas Paparrigopoulos, Carmen Pardo Salgado, Julie Perrin, Matthieu Saladin, Lorraine Verner

En collaboration avec: Université Paris 8, Université Paris Nanterre, Université technique de Crète, Université de Girone, Ecole des Beaux-Arts de Versailles

Appel à candidature, Château Ephémère

L’appel à candidature au château ephémère, « Arts Numériques, Art Sonore et Nouvelles Écritures » est ouvert. Vous avez jusqu’au 6 avril 2020 – 12h, pour candidater.

lien de candidature :  https://urlz.fr/c3rm

>>Pour toutes informations, nous vous invitons à nous contacter : residences@chateauephemere.org / 01 39 79 29 93.

Call for application « Digital Art, Sound Art and New Writings » is open. You can candidate until April the 6th 2020 – 12 am.

>> If you have any questions, please contact us at residences@chateauephemere.org / 01 39 79 29 93.

Link to the application : https://urlz.fr/c3rv

Les angles morts du numérique ubiquitaire au défi des mutations écopolitiques

Predictive Art Bot ; Exposition : Transmediale 2017 @ HKW — Photo : Dasha Ilina, CC NC-SA 4.0

Le « numérique » (généralement conjugué au singulier) en passe de devenir « ubiquitaire » est alternativement interprété comme assurant une transparence intégrale ou comme imposant une surveillance généralisée. Transhumanistes et conspirationnistes ont toutefois en commun de négliger les angles morts (à décliner au pluriel) qui sont inhérents à toute perception du monde, fût-elle programmée et nourrie de big data. Ce sont ces angles morts des visions programmatrices actuellement à l’œuvre dans la mise en place d’un numérique ubiquitaire et conçu comme homogène que les différentes activités proposées ici s’efforceront d’identifier et de discuter.

Une première dimension – spéculative – tentera de conceptualiser les limites de la programmation. À partir de quel point l’augmentation machinique des intelligences humaines rencontre-t-elle des renversements de contre-productivité, à l’occasion desquels les progrès de l’automatisation se retournent en régressions d’humanité ? C’est la question des recompositions en cours entre subjectivités humaines et computations machiniques (IA) qui se joue sur ces points de retournements.

Une deuxième dimension – davantage empirique – s’attachera à repérer et analyser des cas problématiques dont les retournements peuvent avoir valeur emblématique. On comprendra ces angles morts de la programmation comme des limites, des lacunes, des absences et des résistances s’opposant aux meilleurs efforts déployés pour documenter, expliquer, rationaliser, optimiser nos relations sociales et nos rapports à nos environnements. Mais on pourra aussi envisager ces angles morts comme protégeant de précieuses zones d’opacité, à défendre contre la tendance de certains appareillages numériques à tout standardiser pour tout automatiser.

La vise commune minimale des activités réunies au sein de ce projet sera donc la suivante : étudier la prétendue ubiquité du numérique depuis les zones d’extériorités internes qui esquivent sa computation. L’enjeu des discussions sera de mieux prendre la mesure des ambivalences des meta-media numériques, et de faire ainsi apparaître à la fois ce que nous pourrions gagner à repousser localement certaines limites de la computation, et ce que nous risquons de perdre en réduisant indûment certaines oasis d’opacité.

Une troisième dimension – créative et propositionnelle – tentera d’élaborer de nouveaux outils d’orientation pour nous repérer au sein de ces ambivalences. Le cadre en sera fourni par le collectif d’artistes DisNovation (Nicolas Maigret et Maria Roszkowska), qui ajouteront les résultats des réflexions communes à la boîte à outils notionnels qu’ils sont en train de réunir pour nous équiper de boussoles éco-politiques pour temps de mutation des valeurs. DisNovation mène depuis une dizaine d’années des expérimentations de pointe aux frontières des matérialités numériques et de leurs enjeux politiques aussi bien qu’économiques.

Porteurs du projet : Yves Citton, Vanessa Nurock, Marta Severo, Peter Stirling, Samuel Szoniecky

En collaboration avec : EA 7322 Littérature et histoires, esthétique (LHE) ; EA 349 Paragraphe ; EA 7339 Dispositifs d’information et de communication à l’ère numérique-Paris Ile de France (Dicen-Idf) ; Bibliothèque nationale de France (BNF) ;Association des Amis de Pontigny-Cerisy, Cercle des Partenaires de Cerisy ; La Gaîté Lyrique ; UNESCO ; Haute Ecole d’Art et de Design de Genève ; La Poste ; RATP ; Orange ; La Fabrique de la Cité ; collectif DisNovation.

Artistes :

Nicolas Maigret et Maria Roszkowska (artistes, collectif DisNovation)

Olivier Bosson

An Mertens

Doctorant.es :

Allan Deneuville (doctorant, LHE, Paris 8)

Adrien Pequignot (doctorant, CEMTI, Paris 8)

Guillem Serrahima (doctorant, ESTCA, Paris 8)

Summer school, Karen Barad – 15 au 19 juin annulé

Suite aux mesures sanitaires, ArTeC est contraint d’annulé la summer school.

Karen Barad : les savoirs entremêlés
Une école d’été ArTec
15-19 Juin 2020
Larret (Saint Saud Lacoussière, Périgord Vert, France)

« La fabrique du savoir n’est pas une activité médiée, malgré ce qu’on aime à répéter. Tout savoir implique un engagement matériel direct, une pratique d’intra-action avec le monde qui a lieu à même le monde, à même ses processus de configuration matérielle, à même son incessante articulation. Savoir et être sont des pratiques enchevêtrées, c’est-à-dire que savoir et être sont des pratiques matérielles. »
(Karen Barad, Meeting the Universe Halfway, 2007)

Cette première école d’été d’ArTeC se propose d’explorer la philosophie de Karen Barad à partir d’une diffraction de son concept de réalisme agentiel et de ses conséquences épistémologiques, ontologiques et éthiques pour les recherches en art et en sciences. Avec l’intention de mettre en pratique une épistémologie féministe et d’emprunter pour cela aux pratiques artistiques venues de la danse et des arts visuels, nous nous proposons d’imaginer un espace-temps collectif de tissage sympoétique entre pratique et théorie. L’école d’été prendra la forme d’un événement immersif de cinq jours dans un studio de danse au milieu du Périgord Vert.
Chaque jour commencera avec une pratique silencieuse et collective en silence, suivie par un séminaire mené par Karen Barad. La matinée se conclura par un temps de pratique ouvert (jardinage, cuisine, marche…). Après le déjeuner, un·e professeur·e invitée disposera d’une carte blanche pour proposer une « diffraction » de la philosophie de Barad. Le reste de l’après-midi sera dédié à une pratique de spéculation matérialisation collective en petits groupes, proposée par Joe Dumit et Romain Bigé.
L’école est ouverte à 25 étudiant·es/participant·es (13 venu·es de France et 12 venu·es de l’étranger). La participation aux frais s’élève à 100€ (incluant hébergement et nourriture). Des bourses de voyage sont disponibles pour les étudiant·es étranger·es souhaitant se joindre à l’événement.
Les participant·es intéressé.es peuvent envoyer une lettre accompagnée d’une courte biographie à entangled.knowledges@gmail.com avant le 20 Avril 2020.

*****
Entangled Knowledges
ArTec summer school
15-19 Juin 2020
Larret (Saint Saud Lacoussiere, Perigord Vert)
France
“Knowledge making is not a mediated activity, despite the common refrain to the contrary. Knowing is a direct material engagement, a practice of intra-acting with the world as part of the world in its dynamic material configuring, its ongoing articulation. The entangled practices of knowing and being are material practices.”
(Karen Barad 2007)

The first ArTec summer school will explore and diffractively engage with Karen Barad’s agential realism and its epistemological, ontological and ethical consequences for academic and artistic research practices. With the intention to put into practice ecofeminist epistemologies, and borrowing from experimental dance and visual art practices, we imagine a time-space where collective situated practices and theory weave into each other, allowing for sympoetic knowledge making and sharing. The summer school will take the form of a 5-day immersive event in a dance & theater studio on a small farm in the French countryside. Each day will start with a morning silent and collective practice, followed by a seminar with Karen Barad. The morning will end with an open practice time (gardening, cooking, walks…). After lunch, one of the invited faculty will have a ‘carte blanche’ to enter into a diffractive dialogue with Barad’s thinking. The rest of the afternoon will be devoted to a situated speculative research-creation mattering process (in small groups) curated by Joe Dumit and Romain Bigé. The school is open to 25 ‘students/participants’ (13 French and 12 international).

Registration fee will be 100 € for the week (including lodging, food). Travel funds are available to help foreign students join the event. Interested participants are invited to send a letter of motivation and a short bio to entangled.knowledges@gmail.com by April 20, 2020.

HOM, Hydrologie des médias

HOM | Hydrologie des médias

Une approche hydrologique des médiations entre arts, sciences et humanités implique l’étude de la matérialité et de l’imaginaire des représentations de l’eau. 

Dans un premier temps nous nous intéressons à la manière dont les propriétés de l’eau ont été étudiées, avec quels instruments et comment ces instruments et dispositifs reflètent notre compréhension du monde. Nous réalisons ensuite nos propres interventions instrumentales et nous intéresserons aux questions suivantes : Comment représenter l’eau à des échelles invisibles à l’œil humain mais dont les effets sont présents et perceptibles ? Comment provoquer des réactions esthétiques tout en gardant une conscience hydrologique ? À ce stade nous souhaitons mettre l’accent sur les implications culturelles et artistiques liées à l’application de ces dispositifs à un corpus culturel (images, textes, vidéos). Que révèlent les techniques et les appareils lorsqu’ils sont utilisés avec des données culturelles ? À travers ces questions, nous souhaitons nous confronter à la manière dont l’hydrologie des médias façonne la politique sociale et le développement urbain.

L’équipe principale, internationale et interdisciplinaire, est composée de :

Andrés Burbano (Enseignant-chercheur au Department of Design, Architecture and Design School / Design Research Group, Universidad de los Andes, Colombia) proposera des méthodes innovantes pour explorer les techniques de micro-photogrammétrie appliquées à l’eau, en utilisant des artefacts électroniques.

Gwen Le Cor (Professeure des universités en Littérature américaine et anglais de spécialité, Université Paris 8) explorera l’imaginaire littéraire de l’eau, des fluides et des dispositifs scientifiques. Elle se basera sur un corpus mixte de textes imprimés et électroniques qui traitent de l’appropriation littéraire des notions et concepts scientifiques.

Everardo Reyes (Maître de conférences HDR en Sciences de l’information et de la communication, Université Paris 8) tissera ensemble des techniques et des méthodes de différents domaines afin de produire des modèles innovants de visualisation de données pour les objets et processus culturels contemporains.

Andrea Sosa (Enseignant-chercheur à temps plein, Facultad de Artes, Universidad Nacional de La Plata, Argentine) concevra des activités d’enseignement, des objets artistiques et des expositions pour promouvoir les résultats du projet.

Anastasia Tyurina (Enseignant en design à la Griffith University, Australia, et enseignant-chercheur en Arts et design, National Research University of Electronic Technology – MIET, Russie) poursuivra ses propres travaux sur les artefacts optiques basés sur la microscopie électronique et sur des formes d’interaction homme-machine. Elle explorera différentes sources d’eau et produira des œuvres d’art interactives.

Porteurs du projet : Everardo Reyes (Paris 8/Paragraphe) et Gwen Le Cor (Paris 8/TransCrit)