Programme des registres de la Comédie Française (1680-1793) – 10 fév.

Dans le cadre des « lundis numériques  » de l’Institut National d’Histoire de l’Art (INHA) et la chaire internationale d’ArTeC, Sara Harvey et Christian Biet présenteront les défis que représente la médiation du programme des registres de la Comédie Française tant sur le plan culturel, pédagogique qu’académique.

Le programme des registres de la Comédie-Française (cfregisters.org) s’inscrit dans la nébuleuse des projets en humanités numériques : il repose sur la transformation des registres journaliers de la Comédie-Française (1680-1793) en plusieurs jeux de données et outils d’explorations technologiques.

Puisqu’il s’appuie sur un outillage technologique dans le but d’explorer, de valoriser, de réactualiser un corpus d’archives massif et sériel, ce programme est de toute évidence de nature transdisciplinaire, fondé sur la rencontre entre science de l’informatique, science de l’information et sciences humaines et sociales. Ce faisant, nous sommes amenés à réfléchir aux problèmes de la pérennité à la fois de nos données, mais aussi de l’aspect visuel et graphique qui est au cœur de la visibilité et de la lisibilité de ce type de projet à long terme. Enfin, puisqu’elle porte sur l’histoire du théâtre, sur celle des œuvres et de leur représentation, et sur celle des séances théâtrales elles-mêmes dans leur matérialité technique et économique, cette recherche permet à la fois de rendre compte avec précision du passé de la Comédie-Française et de redécouvrir ces œuvres afin de les re-jouer de différentes manières dans une entreprise de recherche-création. 

Informations pratiques

Lundi 10 fév. à 18h

INHA, 2 rue Vivienne, 75002 Paris

salle Vasari

Performer l’archive, 5 mars

L’enjeu de cette journée d’étude est d’interroger le rôle heuristique et pédagogique de l’expérimentation scénique dans la compréhension et l’appréhension du théâtre « ancien », et d’envisager à quelles conditions la mise en jeu de ce théâtre peut dépasser la simple illustration et constituer un véritable outil scientifique pour les études théâtrales.

Erika Balsom, 14 fév.

Erika Balsom (King’s College, London)

 «Wang Bing’s 15 Hours and the Chimera of Endlessness »

Répondant : Dork Zabunyan (ESTCA)

Longtemps, le documentaire d’observation a souffert, auprès des commissaires d’exposition de l’art contemporain, d’un statut de mauvais objet, trop éloigné d’une certaine artificialité requise. Cette conférence s’intéressera à sa revalorisation récente, notamment dans le cadre de la Documenta 11 de 2002, dirigée par Okwui Enwezor. Reconnaissant qu’il ne s’agit pas d’une simple « copie » du monde, plusieurs artistes ont désormais choisi cette stratégie. La conférence explorera ce paradoxe apparent à partir d’une discussion portant sur l’œuvre du cinéaste et artiste chinois Wang Bing, 15 Hours (2017), qui documente une journée de travail dans un atelier textile chinois. L’installation se situe à l’intersection entre des discours sur le cinéma numérique et le tournant documentaire dans l’art, dans la mesure où l’œuvre réaffirme la primauté de la saisie optique en même temps que les possibilités singulières d’un mode d’enregistrement de longue durée, propre à la vidéo numérique. (Conférence en anglais)

Erika Balsom est professeure (Senior Lecturer) en études de cinéma au King’s College à Londres. Elle est l’auteur de After Uniqueness: A History of Film and Video Art in Circulation (2017) et de Exhibiting Cinema in Contemporary Art (2013), et a co-dirigé, entre autres, Artists’ Moving Image in Britain since 1989 (2019) et Documentary Across Disciplines (2016). Elle a publié dans des revues académiques comme Grey Room et Cinema Journalcontribue régulièrement à des magazines critiques comme Artforumfrieze, et Sight & Sound.

Vendredi 14 février 2020

Galeries Colbert, Institut Nationale d’Histoire de l’Art (INHA)

11h00-14h00, salle Vasari 

Ecocritique 1, Les cahiers verts des Cahiers du Cinéma – 29 janv.

La proposition faite par Nathalie Blanc, Denis Chartier et Thomas Pughe[1] de rebaptiser le texte de Lawrence Buell Writing for an endangered world en « reading for an endangered world », portait sur la nécessité de relire les textes littéraires d’un point de vue particulier, celui de l’environnement, et d’en bousculer ainsi la réception.  Il s’agit bien ici d’ouvrir l’intimité de l’œuvre à un dehors, à un monde menacé, mission dont on pourrait penser qu’elle relève en grande partie de celles dévolues à la critique.

Ces deux séances du séminaire consacrées à l’écocritique proposent donc de partir à la recherche de gestes critiques cherchant à éveiller le regard du spectateur. Nous aurons le plaisir de recevoir, pour ce premier séminaire, Stéphane Delorme, critique et rédacteur en chef des Cahiers du Cinéma. Il viendra nous présenter la démarche des « cahiers verts », qui, avec son herbier, nous ont, non sans audace, proposé, en avril 2019 de « voir autrement le monde et les films »[2].

La séance sera animée par Cécile Sorin, professeure à l’Université Paris 8.

Informations pratiques

De 18h à 20h

INHA, Institut National de l’Histoire de l’Art, 2 Rue Vivienne, 75002 Paris

(salle Fabri de Peiresc)

Contemporary american fiction in the face of technical innovation, 23-25 janv.

Conférence internationale, Sorbonne Nouvelle & Paris 8 Vincennes Saint-Denis Université

Cette conférence interrogera les relations de la fiction américaine aux innovations qui ont marqué les premières décennies du 21e siècle : Internet, médias sociaux, objets et environnements intelligents, intelligence artificielle, nanotechnologies, ingénierie génétique et autres biotechnologies, transhumanisme. Ces innovations techniques redéfinissent la manière dont nous habitons notre monde, interagissons les uns avec les autres et appréhendons l’humain dans son rapport de plus en plus étroit à la machine, non plus, comme autrefois, soigné ou réparé, mais désormais augmenté ou remplacé. Qu’en est-il alors de nos pratiques artistiques et culturelles ? Ces avancées récentes modifient-ils la langue et la littérature ? C’est afin d’explorer ces questions que nous aborderons le lien réciproque du progrès technique et de la fiction : comment la fiction est-elle transformée par les progrès techniques (dans ses sujets, dans ses structures, dans son style, dans son rapport aux lecteurs) et inversement quelles représentations du progrès peut-elle leur opposer ?

En d’autres termes, dans quelle mesure l’innovation technologique renouvelle-t-elle ce qui relève du littéraire, et auquel cas, par rapport à quelles normes d’écriture, voire par rapport à quels protocoles (Alexander Galloway)? La littérature est-elle condamnée à la paradoxale mimesis d’une « société de transparence » telle que la définit le philosophe allemand Byung-Chul Han (société « positive, d’exposition, d’évidence, pornographique, d’accélération, de l’intime, de l’information, du dévoilement et du contrôle ») ? En explorant ces questions, cette conférence sera l’occasion de réfléchir, avec les écrivains américains contemporains, à la régulation de nos existences par les systèmes techniques.

Thursday January 23

Cinémathèque (room 49)- Sorbonne Nouvelle University – Censier Campus, 13 rue Santeuil, Paris

19.00 – Projection of art film Welcome to Erewhon

Gwenola Wagon Stéphane Degoutin, Pierre Cassou-Noguès

Friday January 24

Institut du monde anglophone (Grand amphithéâtre), 5 rue de l’École de médecine, Paris – Metro: Odéon

10.45 : Opening Session

11.00 – 12.30 : Panel 1 // Twitter Fiction

Sophie Chapuis (Saint-Etienne University) Taipei (2013), a Pseudo-Autobiography: Tao Lin’s Digital Inquiry into the Self

Daniella Gati (Brandeis University)The novel in the Age of Twitter

Virginia Pignagnoli (University of Zaragoza)Audiences’ Extensions of Storyworlds on Instagram: Hanya Yanagihara’s A Little Life, #alittlelife and @alittlelife

12.30 – 14.00 : Lunch

14.00 – 15.00 : Panel 2 // Postmodernism in the 21st Century

Jason Shrontz (Gogebic Community College, Michigan) –Losing Touch: The Coupling of Media Forms in Contemporary American Fiction

Saloua Karoui-Elounelli (Ecole Normale Supérieure / University of Tunis) –Poetics of representation and the artifact of the Postmodern Sublime in the American Experimental novel

15.00 – 15.15 : Coffee break

15.15 – 16.45 : Panel 3 // Wallace & DeLillo

Aliette Ventejoux (University Paris II Panthéon – Assas) –Techne and logos: a study of the American Zeitgeist in “Hammer and Sickle” by Don DeLillo

Gabriel Smith (University of Edinburgh)-‘Imagining an Imprint’: Embodied Language and Posthumanist Gender in Don DeLillo’s Zero K and David Foster Wallace’s The Pale King

Jessica Allen Hanssen (Nord University, Bodø, Norway)-David Foster Wallace’s Oblivion and the Limits of Technology

16.45 – 17.00 : Coffee break

17.00 – 18.00 : Keynote

Stephen Burn (University of Glasgow)

The American Novel in the Age of Neuroscience

18.00 – 19.00 : Cocktail

Saturday January 25

École normale supérieure (salle des Actes)

45, rue d’Ulm, Paris

11.00 – 12.30 : Panel 4 // Data Worlds and the Return of Cyberpunk

Olga Thierbach McLean (independent researcher, author, and literary translator) –Updating the Future to the Present: The Reboot of Cyberpunk as Social Criticism

Curtis Carbonell (Khalifa University) – Theorizing Fiction within a Virtualized Gameist Mode: the Promise of VR and its Imaginary Worlds

Naomi Mandel (Hebrew University of Jerusalem)-Anatomy of a Hacker: Deciphering The Circle

12.30 – 14.00 : Lunch

14.00 – 15.30 : Panel 5 // Pornography, Anxiety, Touch

Camélia Raghinaru (Concordia University, Irvine) –Technological Anxiety in Jonathan Lethem’s Chronic City

David Buehrer (Valdosta State University, Georgia, USA) – A Pilgrim’s Progress for the Digital, Post-Human(ist) Age? : Computer Technology, Pornography, and Allegorical Representation in Russell Banks’s Lost Memory of Skin

Rebecca Mazumdar (City University of New York)-“Immediately dismissed as fiction”: Technology Mediates the Graphic in Sabrina

15.30 – 16.00 : Coffee break

16.00 – 17.00 : Panel 6 // Biotech and Bioart: Affective Futurity

Lejla Kucukalic (Khalifa University) – American Fiction, Hybridity and Biotechnology

Miriam Fernandez-Santiago (University of Granada) – Random Design: Aesthetic and Ethical Implications of Bioart in Richard Powers’ Orfeo

17.00 – 17.15 : Coffee break

17.15 – 18.15 : Panel 7 // New Epistemologies

Héloïse Thomas (Bordeaux Montaigne University) – Schrödinger’s Hello Kitty Lunchbox: Time, Technology, and the Future of Humanity in

Contemporary American Literature – Stefania Iliescu (Rennes 2 University)

« Do the math on that » – The Undermining of the Scientificity Criteria in The Echo Maker (2006) and The Flame Alphabet (2012)

20.00 : Conference dinner (optional)

Tailleurs d’images, exposition-actions – 20 janv.

La MSH Paris Nord a le plaisir de vous inviter au vernissage de l’exposition, Tailleurs d’images, exposition-actions #3, lundi 20 janvier à 17h.

Qu’est-ce qu’une exposition-actions ?
Une installation entièrement organisée autour et pour les visiteurs / expérienceurs venus rencontrer des œuvres. L’exposition-action offre la possibilité d’explorer des alternatives aux formes traditionnelles de présentation des œuvres et de façons de les rencontrer. Tailleurs d’images propose, au-delà du regard contemplatif habituellement sollicité, d’autres opportunités, formes d’activités pour entrer en relation avec les œuvres. Les œuvres pourront être activées de multiples façons par les visiteurs. L’important est le couple œuvre activations.

Le collectif tailleurs d’images
Tailleurs d’images est un collectif fondé en 2017.
Il réunit des artistes, des chercheurs et des spécialistes des expositions qui réfléchissent ensemble à de nouvelles opportunités pour permettre au public de rencontrer l’art, les artistes et les oeuvres. Des formes accessibles à chacun, quelles que soient sa culture d’origine, ses références et préférences. C’est ainsi qu’au long des journées de travail collectif nous avons conçu une forme nouvelle : l’exposition-action.

Les artistes

Raphaële Bertho
Julia Lopez & Pierre Rabardel
William Gaye
Arno Gisinger
Serge Lhermitte
Laura Ben Hayou

Informations pratiques
Exposition du 17 décembre 2019 au 28 février 2020
lun > vend / 8h30 – 18h30
hall d’accueil et salle panoramique au 4e étage

Vernissage lundi 20 janvier 2020 à 17h
gratuit, entrée libre
à la MSH Paris Nord


Sarkis, Analyse des expositions : leurs mises en scène, leurs interprétations – 28 fév.

En raison des mobilisations, cet évènement a été décalé. Il aura lieu le 28 février.

L’artiste Sarkis est invité à le 28 janvier à l’Institut National d’Histoire de l’Art dans le cadre des Rencontres Edesta.  vendredi 28 février de 10 à 13h

Sarkis, artiste né en 1938 à Istanbul, est un  inventeur de mises en scène associant peintures, vitraux, sculptures, photographies et films. Il  fonde sa poétique sur l’enchevêtrement des temps et  des mémoires. Son travail, exposé dans le monde entier,  explore les virtualités plastiques  des différentes temporalités à l’œuvre dans notre âge contemporain.

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Les rencontres de l’Edesta permettent aux doctorants  et aux chercheurs de Paris 8 et plus largement de Paris Lumières de rencontrer des artistes et théoriciens, reconnus dans le monde international de l’art. L’accent est mis, pour cette première année, sur ce qu’on peut appeler les esthétiques de la simultanéité. A partir des gestes artistiques, compris dans leur archéologie et dans leur historicité, il s’agit de problématiser la question d’être contemporain. Cela conduit à examiner des dispositifs de synchronisation (par exemple, des systèmes et des appareils servant à mesurer le temps) tout en impliquant les effets de désynchronisation.

Informations pratiques

10h à 13h – Débat animé par Paul-Louis Rinuy

Institut National d’Histoire de l’Art, Salle Vasari

2 Rue Vivienne, 75002 Paris

New Perspectives on Translating Electronic Literature: Whither Now? 16-17 janv.

The main focus of this conference will be translation as process, rather than as a mere product, which will prompt us to apprehend translated works as belonging to one or several networks, contexts and translational cultures. In short, translation is a concept that throws new light onto the exchanges and differences pertaining to contemporary digital literary culture. Contemporary digital literary culture mobilizes multiple operations: it involves translation across languages, but includes circulations characteristic of other translational issues at large: exchanges between interfaces, media, codes, institutions, cultural perspectives, artistic and archiving practices. In turn, digital forms of textuality share a certain number of aspects within ubiquitous environments, which means that translational processes will lead us to consider creative practices that stand beyond the traditional field of literature.

One of the dominant concepts of digital humanities is that of technology seen as a shared, indeed universal, medium. In other words, software platforms and programming languages would invariably have the same meaning across different cultures. In principle, the universality of technology offers the promise of universal communication and perfect mutual understanding. However, nothing could be farther from the truth: code and programming add layers of complexity to technological communication across cultures and countries. There is nothing new to this approach though: in 1923, Walter Benjamin apprehended translation from the concept of a pure, pre-Babelian language (“The Task of the Translator”) while Warren Weaver envisaged it as a mere problem in cryptography in a 1955 essay. The meaning of such notions as “code,” “language,” “platform,” “medium,” and other similar terms, differs across linguistic and cultural contexts. Furthermore, the way digital technologies have become embedded and translated in specific digital cultures and literatures in Europe and the Americas differs even more. It is by studying and problematizing translation as a process in its various aspects that we will achieve a systematic understanding of the manifold and entangled variables at play in digital literariness.

In order to highlight the specificities of the translational process, we encourage participants to explore four distinct and yet complementary perspectives: Translinguistic translation (between languages), Transcoding (translation between machine readable code and human readable text), Transmedial translation (translation between medial modalities), and Transcreation (translation as a shared creative practice) with a specific focus on electronic tropes.

Appel à communication – La fabrique de la participation culturelle

La fabrique de la participation culturelle. Plateformes numériques et enjeux démocratiques

Clôture de l’appel : 31 janvier 2020

Site web du colloque : https://collabora.sciencesconf.org/

Au cours des dernières décennies, la participation citoyenne a fortement augmenté à l’échelle mondiale dans des domaines aussi différents que la politique, l’économie, les médias et les sciences. De la démocratie participative à l’économie collaborative, du crowdsourcing à la Civic Tech, ces nouvelles formes d’organisation politique, économique et technologique, tout en se heurtant à des mouvements contraires, sont en train de changer la société. Les technologies numériques ont favorisé cette tendance en offrant de nouvelles possibilités d’expression et d’organisation et en fonctionnant comme levier d’innovation dans différents secteurs. Par ailleurs, la diffusion de la culture du numérique, au-delà des outils en tant que tels, a porté à l’affirmation d’un tournant expressiviste qui insiste sur l’empowerment des citoyens rendu possible par les technologies numériques et sur l’expression créative de l’émancipation individuelle. Dans ce contexte de la “participation partout”, le monde de la culture a été également confronté à ce phénomène de transformations et d’évolutions rapides basées sur le participatif. Citons par exemple l’organisation d’un Grand Débat Culture en parallèle du Grand Débat National qui semblait avoir oublié les enjeux émergents liés à l’ouverture participative de ce secteur.

Le web, d’abord avec les blogs et les autres outils web 2.0 puis avec les réseaux sociaux et les plateformes collaboratives, a permis aux pro-amateurs de pouvoir partager et diffuser leurs connaissances au plus grand nombre dans de nouveaux espaces reposant essentiellement sur la culture de l’ouverture et des biens communs, qui pourraient sembler plus propice à la démocratie. Non seulement les musiciens, les artistes, les écrivains amateurs peuvent diffuser leurs œuvres à travers des plateformes comme SoundCloud ou Wattpad, mais également les cinéphiles, les fans de séries ou les passionnés d’art et de patrimoine peuvent faire sentir leur voix sur des plateformes comme SensCritique, FanFiction ou sur des pages Facebook dédiées (voir le n° 153, de Réseaux « Passionnés, fans et amateurs », 2009). Aujourd’hui plus que jamais, ces plateformes contributives (qu’elles soient institutionnelles, commerciales ou associatives) s’inscrivent comme vecteurs de nouvelles formes d’engagements, de partage et de diffusion des savoirs et des mémoires dans le domaine de la culture et en même temps ouvrent au risque d’exploitation et d’ubérisation des productions intellectuelles.

Face à cette nouvelle donne, les institutions culturelles ont porté un intérêt croissant à la création de démarches participatives et au rôle que pourrait jouer le numérique dans leurs activités de médiation et valorisation. À ce titre, nous pouvons citer le rapport Chevrefils-Desbiolles (2012) qui décrit « les mutations profondes que connaissent, avec l’essor de la culture numérique et de l’Internet, les conditions d’accès à la culture, mais aussi les pratiques artistiques et culturelles notamment des amateurs ». De même, les journées professionnelles organisées par le ministère de la Culture en 2017 ont été totalement dédiées à la participation. En même temps, le ministère a défini la « recherche culturelle participative » en tant que priorité dans sa stratégie de recherche (2017-2021). La préoccupation des institutions culturelles est, non seulement de mieux comprendre ces phénomènes de construction participative de savoirs, mais surtout d’orienter l’énergie et l’enthousiasme des citoyens vers l’enceinte des musées, archives, bibliothèques, théâtres, etc.

En résumé, les pratiques culturelles des individus sur les temps du hors travail ou du loisir, de manière individuelle ou en communautés d’appartenances, seraient modifiées et transformées à travers le numérique les positionnant dans de nouvelles pratiques de contributions en ligne et allant même jusqu’à rivaliser avec les connaissances des experts et leurs légitimités de connaissances. Pour identifier ces tensions entre d’un côté un phénomène en plein essor dans le domaine de la culture, et des institutions qui souhaitent porter un intérêt croissant aux démarches participatives, nous organisons un colloque qui ambitionne d’interroger les cadres théoriques, empiriques et politiques de la fabrique de la participation culturelle. Ce colloque vise donc à questionner plusieurs spécificités de ce phénomène sous différents angles, mais aussi à approfondir les enjeux démocratiques liés à la diffusion de projets numériques de participation culturelle. Une attention particulière sera portée au phénomène émergent des plateformes culturelles contributives (institutionnelles ou commerciales) qui sont en train de s’imposer comme outil de prédilection de création, de documentation et de valorisation d’objets culturels. 

Ce colloque, organisé par l’EA Dicen-IDF, qui s’inscrit dans la continuité du projet ANR COLLABORA, des travaux de la COMUE Université Paris Lumières, du Labex Les Passés dans le Présent et de l’EUR ArTeC, s’organisera autour de cinq axes principaux de réflexion.

1. Les acteurs de la contribution en ligne

Cet axe propose de mettre en discussion les différents acteurs de la contribution en ligne comme les amateurs (bénévoles, généalogistes, fans, passionnés, etc.) et les institutions publiques et privées du patrimoine et de la culture, ainsi que les associations qui s’inscrivent dans de nouvelles dynamiques à la fois sociales et culturelles et qui apparaissent dans les discours accompagnateurs. Par ailleurs, il sera intéressant d’approfondir les interactions avec les acteurs commerciaux de la participation culturelle qui ont lancé des plateformes qui vont concurrencer les initiatives institutionnelles. Quels sont les motivations et intérêts de ces acteurs ? Quels sont les modèles économiques en jeu ? Quelles sont les interactions et les nouvelles configurations sociales et organisationnelles que les projets contributifs génèrent entre ces acteurs ? Cet axe vise à interroger comment les différents acteurs participent aux dynamiques de conception ainsi qu’à celles de réception de ces plateformes.

2. Enjeux politiques et angles morts de la participation numérique

Cet axe vise à approfondir les différentes formes de participation citoyenne et d’innovation démocratique dans le domaine de la culture, notamment en lien avec l’emploi des technologies numériques. Les travaux pourront examiner les défis soulevés par les nouveaux modèles d’engagement des acteurs de la société civile en se concentrant sur le développement de questions éthiques et juridiques, telles que: les politiques de gestion de données produites sur ces plateformes face à de nouvelles obligations sociétales (science ouverte, RGPD, etc.) ; le travail numérique et le droit d’auteur; l’intégration des résultats des processus participatifs dans l’élaboration des politiques; la mise en place d’un système d’évaluation de la participation et des connaissances collaboratives. Sont également attendus des travaux qui associent des considérations sur les protocoles documentaires, les politiques d’éditorialisation et l’infrastructure technologique avec l’analyse des politiques et des pratiques de collaboration. Dans ce cadre, il sera intéressant d’interroger les angles morts de la participation en ligne générés par le décalage entre impératifs technologiques (interopérabilité, normalisation, accès et pérennité de données) et les besoins expressifs et émotionnels des acteurs sociaux (droit à l’oubli et au secret, zones d’opacités, dynamiques de résistance, etc.).

3. Connaissance et reconnaissance

Cet axe de réflexion porte sur les nouveaux modes de connaissance (de l’objet, de soi, des autres) et de production des savoirs qui s’engendrent au sein des dispositifs participatifs en ligne. L’observation des pratiques de participation numérique dans la spécificité du secteur culturel nous permet, en effet, de nous poser des questions d’ordre épistémologique. Cet axe propose alors deux approches. D’une part, il vise à approfondir les enjeux scientifiques liés au mouvement émergent des recherches culturelles participatives et à évaluer la valeur scientifique des connaissance produites dans ces contextes. D’autre part, il interroge les procédés de reconnaissance et d’autorité propres aux communautés. Sur cette question, les procédés liés au design et aux dynamiques de conception de la plateforme sont les bienvenues. Les travaux portant sur les modalités d’accès aux connaissances produites en participation et à leur conservation pérenne trouveront également place dans cet axe.

4. Mémoires collectives et patrimoines partagés

Cet axe vise à interroger les processus de construction patrimoniale et mémorielle médiés par des dispositifs numériques. Il regroupe toutes les études sur les pratiques de construction, d’appropriation, de médiation et d’éditorialisation du patrimoine culturel et mémoriel impliquant une approche collective ou participative. Il vise à construire une vision réflexive en adoptant des positions telles que celle adoptée par les études critiques sur le patrimoine. D’un côté, des travaux pourront se concentrer sur la fabrique de la participation culturelle selon une perspective historique, en étudiant la production participative de connaissances que l’on peut trouver dans les sociétés occidentales et orientales, anciennes et modernes, dans le domaine de la culture. D’un autre côté, des travaux pourront approfondir les nouvelles politiques mémorielles dans lesquelles le citoyen devient contributeur actif et les mémoires récoltées sur une plateforme deviennent des ressources potentielles pour l’avenir. Enfin, des communications pourront se concentrer également sur la diffusion de plateformes contributives dans les archives et sur leur impact sur les politiques de documentation et de diffusions des mémoires citoyennes.

5. Défis de la plateformisation

Cet axe repose davantage sur une représentation macroscopique en insistant sur plusieurs points. Il s’agira d’approfondir le phénomène de la plateformisation dans le domaine de la culture en posant l’accent sur les formes de rationalisation des pratiques et sur la pression du modèle économique, qui en découlent. De même, l’axe interrogera les particularités juridiques autour des questions des acteurs des plateformes : article de loi, contrats de travail, réglementations spéciales destinées à encadrer les acteurs de plateformes. Enfin, dans ce cadre, il serait intéressant de se pencher sur le statut du travailleur des plateformes qu’elles soient ou non institutionnelles : le statut des contributeurs du domaine culturel rencontre-t-il les dynamiques de digital labor ? Quels nouveaux équilibres s’élaborent entre les métiers traditionnels de la culture (médiation, critique, édition…) et les rôles des contributeurs dans les modèles participatifs ? Quelle est la place des contenus produits dans le modèle économique des plateformes ?

Types et format des communications attendues

Les propositions de communication peuvent porter sur des expériences en cours, des études empiriques, des réflexions théoriques ou des analyses comparatives. Elles peuvent venir du monde académique ainsi que du monde institutionnel et associatif.

Les propositions de communication devront se conformer au modèle disponible. La taille du texte devra être comprise entre 8 000 et 12 000 signes. Les auteurs devront aussi indiquer dans quel axe s’insère leur proposition. Les propositions seront examinées par le comité scientifique du colloque.

Les textes feront l’objet d’un recueil numérique qui sera diffusé lors du colloque et publié sur HAL. Les différentes sessions thématiques pourront prévoir la valorisation des contributions sous forme de numéro de revue ou d’ouvrage collectif. Un appel d’Études de Communication sera lancé à partir des travaux du colloque. 

Les propositions de communication sont à déposer sur :https://collabora.sciencesconf.org/

Modalité de soumission des propositions de communication

Clôture de l’appel : 31 janvier 2020

Réponse aux auteur.e.s : 15 mars 2020

Textes finaux : 15 mai 2020

Dates du colloque : 6 et 7 juillet 2020

Lieu

EA Dicen-IDF

Paris, CNAM – 2 rue Conté, 75003 Paris (métro Arts et Métiers)

Comité scientifique

Romain Badouard, CARISM, Université Paris 2 Panthéon-Assas

Lionel Barbe, DICEN-idf, Université Paris Nanterre

Valérie Beaudouin, SES, ParisTech Télécom

Evelyne Broudoux, DICEN-idf, Université Paris Nanterre

Nathalie Casemajor, Centre Urbanisation Culture Société, INRS, Montréal

Lisa Chupin, DICEN-idf, Université Paris Descartes

Yves Citton, EUR ArTeC, Université Paris 8

Camille Claverie, DICEN-idf, Université Paris Nanterre

Sarah Cordonnier, ELICO, Université de Lyon 2

Valérie Croissant, ELICO, Université de Lyon 2

Jean-Marie Dallet, TEAMED, Université Paris 8

Mélanie Dulong de Rosnay, CIES, CNRS

Karën Fort, STIH, Sorbonne Université

Sarah Labelle, LabSIC, Université Paris 13

Hervé Le Crosnier, C&F éditions

Clément Mabi, Costech, Université Technologique de Compiègne

Francesca Musiani, CIES, CNRS

Cécile Payeur, DICEN-idf, Université Paris Nanterre

Vincent Puig, IRI, Centre Pompidou

Franck Rebillard, IRMÉCCEN, Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3

Claire Scopsi, DICEN-idf, CNAM

Alexandra Seammer, CEMTI, Université Paris 8

Antonin Segault, DICEN-idf, Université Paris Nanterre

Marta Severo, DICEN-idf, Université Paris Nanterre

Yves Sintomer, CRESPPA, Université Paris 8

Daniel Siret, UMR AAU, ENSA Nantes

Cécile Tardy, Geriico, Université de Lille

Olivier Thuillas, DICEN-idf, Université Paris Nanterre

Matteo Treleani, SIC.Lab Méditerranée, Université Nice Sophia Antipolis

Stéphanie Wojcik, CEDITEC, Université Paris Est Créteil

Manuel Zacklad, DICEN-idf, CNAM

Comité d’organisation

Romain Bigay, DICEN-idf, Université Paris Nanterre

Irene De Togni, DICEN-idf, Université Paris Nanterre

Marta Severo, DICEN-idf, Université de Nanterre

Contact

Pour toute question : collabora@sciencesconf.org

Rencontres edesta – 20 déc.

Rencontres edesta/ Synchronisation

20 décembre 2019

Les prochaines Rencontres de l’Edesta auront lieu vendredi 20 décembre, de 11h00 à 14h00, à l’INHA, en salle Vasari.

Peter Szendy (Brown University, Providence) interviendra sur « Les Voiries du visible », et son répondant sera Jean-Philippe Antoine (Edesta).

Peter Szendy, philosophe et musicologue, tentera de tracer une généalogie des voies par lesquelles passe la circulation des images — depuis les Wanderstrassen chères à Warburg jusqu’aux câbles sous-marins ou souterrains d’Internet, comme ceux que filme Rithy Panh dans La Terre des âmes errantes. Penser la synchronisation des images implique en effet, paradoxalement, de tenir compte de leurs trajectoires, c’est-à-dire de leurs détours.