Eliane Beaufils, université Paris 8
Ce projet cherche à documenter et à analyser le travail de performeur·ses européen·nes qui désirent développer de nouveaux imaginaires et pratiques du sol, du végétal et de ce que nous appellerons l’agro-citoyenneté. Sans une agriculture et des forêts écologiques adaptées aux changements climatiques, non seulement la subsistance est menacée mais la cohésion sociale aussi (Kenneth Anders).
La plupart des ouvrages traitant d’art vivant et d’agriculture sont dévolus à des époques passées, et analysent les représentations de l’agriculture dans des contextes certes variables mais peu comparables à celui que nous connaissons aujourd’hui en temps de changement climatique. Dans le contexte anthropocène (capitalocène), ce sont surtout les arts plastiques et visuels qui se sont saisis de la question. Des contributions en performance studies sur les écoventions analysent les démarches d’artistes ayant créé des communs multispécifiques de jardins et de friches qui font l’objet de déambulations performatives, de démocraties ou de soins collectifs (Gibson/Sandilands, Haldrup, Beaufils, Spaid). Les enjeux esthético-épistémiques sont néanmoins de taille en arts vivants pour faire art de gestes, de matières vivantes et d’objets agricoles. Se pose aussi la question des milieux et des temporalités non humaines. Sur quels sites et avec quels supports institutionnels se développent ces pratiques ? Comment s’adresser à des publics urbains, ou comment faire art dans et avec les campagnes ?
En 2026, le projet établira une cartographie des démarches artistiques en France, et dans quelques pays limitrophes. Plusieurs voyages d’études et rencontres sont prévues, qui seront documentés sur le site au cours du second semestre 2026 et donneront lieu à des podcasts de création.
En 2027, la recherche théorique se prolongera tout en accompagnant quatre recherches-créations développées par Pascale Weber, Marina Pirot, Ella von der Haide et David Christoffel avec Juliette Meulle et Eliane Beaufils. Les créations effectuées en dialogue avec la recherche donneront lieu à l’été et à l’automne à des représentations à Open_Kerminy, à l’université Paris 10 et au théâtre de la Cité internationale. Une recherche-action complètera la recherche-création. Au cours des représentations, l’équipe mènera des études de réception des publics sous la conduite de Barbara Bonnefoy. Ces études s’effectueront dans la continuité du précédent projet ArteC, « Scènes pour un monde nouveau », consacré notamment à la réception des dramaturgies participatives.
Le projet se clôturera enfin par un colloque international, présentant et étudiant les recherches menées, en échange avec des universitaires et artistes internationaux qui partageront leurs travaux sur les arts de l’agrocitoyenneté.
Barbara Bonnefoy, université Paris Nanterre
Valérie Morisson, université Paul Valéry Montpellier Pascale Weber, université Paris 1
Flore Garcin-Marrou, université de Toulouse
Morgane Retière, université Paris Nanterre, UR LADYSS
Leila Chakroun, université Paris 7, UR LADYSS
Nicole Sibelet, CIRAD, Montpellier
Juliette Meulle, doctorante CD à l’EDESTA, université Paris 8
Ella von der Haide, chercheuse, artiste, dramaturge, Munich Least, collectif d’artistes, Genève