Emanuele Quinz, PR université Paris 8
Le projet interroge la manière de rendre le musée vivant, ou plus précisément de le rendre au vivant, en l’envisageant comme un laboratoire de recherche et d’expérimentation inscrit dans les débats contemporains autour de l’Anthropocène. Mobilisant une équipe interdisciplinaire et internationale, il s’organise autour de deux axes complémentaires : « Le musée à l’épreuve du vivant » et « Le design à l’épreuve du musée ». L’objectif est de dépasser une conception du musée comme lieu de conservation et d’exposition d’objets pour en faire un espace ouvert, dynamique et relationnel, tandis que le design est envisagé non comme simple dispositif de mise en scène, mais comme un outil d’expérimentation de nouvelles formes de coopération et de coexistence entre humains et non-humains.
Déployé sur deux années, le projet articule étroitement recherche, transmission et expérimentation, avec l’ambition de faire l’expérience concrète du « musée vivant ». L’ensemble des activités vise à conjuguer production de connaissances, pratiques expérimentales et partage collectif, en associant étudiant/es, chercheur/es, praticien/nes et institutions culturelles.
Le cœur du projet repose sur un cycle de conférences organisé au Musée de la Chasse et de la Nature, en partenariat avec l’école Duperré, sur les années 2026 et 2027. Conçues en collaboration avec le service Design et prospective du Centre Pompidou et le programme Design des territoires d’EnsadLab, ces conférences privilégient des formats d’échange horizontaux et pluridisciplinaires, impliquant activement les étudiant/es de Paris 8, de l’Ensad et de Duperré dans leur organisation, animation et restitution. Deux journées de recherche expérimentales complètent ce dispositif. La première, prévue à Paris en 2026, adoptera un format fondé sur la mise en situation et l’expérimentation collective. La seconde, organisée en 2027 à l’étranger avec des partenaires académiques et muséaux internationaux, permettra d’élargir le réseau du projet et d’en renforcer la portée internationale. Un travail central de recensement et de documentation est conduit par deux doctorant/es, visant à constituer une cartographie vivante des pratiques intégrant le vivant dans les espaces muséaux. Cette ressource évolutive articule analyses historiques, approches artistiques et démarches contemporaines de design, et alimente directement les situations expérimentales du projet.
L’ensemble des activités donnera lieu à la production d’une série de « cahiers de recherche », avant une publication collective finale chez un éditeur international, assurant la diffusion, la pérennité et la transmission des recherches menées.
©Studio Ossidiana, The Birds’ Palace, Amsterdam, 2021, photo by Riccardo De Vecchi, courtesy of Studio Ossidiana.
Patricia Ribault (université Paris 8)
Marion Nielsen (Ensad)
Lisa Andreani (IUAV Venise, université Paris 8)
Bênoit Renaudin (HEAD, Genève, EnsadLab)