Écologies dismédiatiques du numérique : subjectivités, réflexivités et socialités à l’ère de l’IA

Écologies dismédiatiques du numérique : subjectivités, réflexivités et socialités à l’ère de l’IA

Ce projet transdisciplinaire a pour but d’explorer la question suivante : dans quelle mesure les nouvelles technologies numériques d’ « intelligence artificielle générative » contemporaines participent-elles à la transformations des subjectivités et des socialités ?

Depuis au moins une trentaine d’années, les technologies numériques d’inscription et de conservation des symboles ont entraîné une reconfiguration radicale des relations humaines avec le monde et la connaissance en général. L’IA, générative ou non, est désormais omniprésente et imprègne tous les aspects de notre vie personnelle, sociale et professionnelle : des algorithmes aux drones, l’IA apparaît non seulement comme « un point de vue de nulle part » entité quasi-divine et désincarnée, mais aussi comme une sorte de machine magique capable de résoudre tous les problèmes jusqu’au plus intimes, qu’il s’agisse de la solitude, de l’isolement ou du deuil. De telles prothèses numériques, loin de nous « augmenter » nécessairement, risquent aussi de provoquer un épuisement paradoxal des corps et des esprits, que l’on pense aux entrepôts robotisés d’Amazon ou aux algorithmes de recommandation d’un réseau social commercial comme TikTok.

Quelles sont les conséquences éthiques, épistémologiques, esthétiques, théoriques, politiques et artistiques de ces transformations ? Comment ces processus algorithmiques affectent-ils notre esprit, notre façon de penser et nos relations sociales ? Comment les technologies liées à l’intelligence artificielle influencent-elles notre capacité de jugement, notre connaissance de soi et surtout notre bien-être tant physique que mental ? Participent-elles au déploiement d’une nouvelle forme d’injustice épistémique généralisée ou permettent-elles au contraire de  la dépasser ? Au-delà des discours transhumanistes sur « l’amélioration » de l’individu, pouvons-nous concevoir et expérimenter des outils numériques écologiques qui pourraient nous aider à prendre soin de notre intelligence collective et de nos milieux symboliques ?

Pour ce faire, nous proposerons plusieurs ateliers, séminaires, journées d’études et colloques transdisciplinaires, mêlant recherche et création et regroupant philosophes, artistes, chercheurs en littérature, en sciences et en sciences humaines et sociales. Nous amorcerons aussi une recherche-expérimentation dans le champ des humanités numériques, visant à développer un prototype de « technologie de l’esprit.

©  Gwenola Wagon



ÉQUIPE DU PROJET

Anne ALOMBERT – université Paris 8
Icare BAMBA – université Paris 8
Vincent BEAUBOIS – université Paris Nanterre
Younès BENAOMAR – ingénieur logiciel
Guillaume BOISSINOT – université Paris 8
Hortense BOULAIS-IFRÈNE – université Paris 8 / université Paris 1
Michaël BOURGATTE – université de Lorraine
Pierre CASSOU-NOGUÈS – université Paris 8
Fabrizio DEFILIPPI – université de Strasbourg
Judith DESCHAMPS – université Paris 8 / ArTeC
Maryam FARNAM – université Paris 8
Georges GAGNERÉ – université Paris 8
Antoine GRIMALDI – université de Lorraine
Kevser GÜNGÖR – université Paris 8 / université de Montréal
Orane KAIL – université Paris 8
Alban LEVEAU-VALLIER – université de la Sorbonne Nouvelle
Baptiste LOREAUX – université Paris 8
Driss NICOLLE – CdA
Cédric PLESSIET – université Paris 8
Antonin PRÉMILLIEU – Université Paris 8
Arnaud REGNAULD – Université Paris 8
Marta SEVERO – université Paris Nanterre
Maria SFEIR – université Paris 8
Rémi SOHIER – université Paris 8
Ahmadreza TAVASOLI – université Paris 8
Laurent TESSIER – Institut Catholique de Paris