Date
27/01/2026
Lieu
salle A2 – 204 (maison de la recherche)
université Paris 8
Infos pratiques
9h30 à 12h
Ce à quoi nous tenons, ce sur quoi nous tenons, ce à quoi nous sommes tenus : « entretenir » un lieu d’expression souverain
Dans le cadre des grandes conférences du DIU sur la thématique « terrains mouvants », Olivier Marboeuf aimerait prolonger l’affirmation de la philosophe américaine Donna Haraway : « nous avons urgemment besoin de nouveaux récits ». Car pour qu’ils ne deviennent pas des métaphores gazeuses et sans effet, il nous faut également des lieux pour pratiquer, répéter et entretenir ces récits. En retour, ces mêmes récits en acte se doivent d’entretenir les conditions de ces lieux. Alors que l’art contemporain occidental et toute une économie du savoir se sont construits sur des principes d’extraction et de séparation héritées de la modernité coloniale, peut-on considérer qu’un geste de réparation pourrait consister à penser nos créations comme des formes d’entretien. Et mesurer ainsi une éthique de la recherche et de la création à ce qu’elle augmente les possibilités de vie souveraine dans un lieu donné.
En revenant sur la notion d’attachements réciproques (ce à quoi et sur quoi nous tenons) et de responsabilité (ce à quoi on est tenu), il discutera une approche matérialiste de notre rapport aux récits à l’heure où l’émergence du capitalisme autoritaire met au défi nos capacités à contribuer à des lieux de résistance et de vie bonne.