Le DIU ArTeC+, diplôme post-master en un an, prépare les étudiant‧es aux gestes de la recherche et de la création, pour les aider à préciser et consolider un projet artistique ou de doctorat en recherche-création.
2026-2027
TEXTURER D’AUTRES MONDES
Les écritures de la recherche et création
Alors que l’on demande aux artistes comme aux chercheureuses toujours plus de clarté, de créativité et d’efficacité dans leur “projet”, la recherche-création se présente comme pharmakon : remède lorsqu’elle amène chercheureuses et artistes à jouer avec les règles en réinjectant de l’imprévu, de l’incertitude et de la réflexivité dans la production des savoirs et des imaginaires ; poison lorsqu’elle sert de prétexte à l’alignement des pensées et des sensibilités. Depuis la mise en place du DIU ArTeC, la question de savoir comment hybrider recherche scientifique et création artistique occupe le centre de nos réflexions. Elle répond à une urgence, ressentie par grand nombre de chercheureuses et artistes :Comment écrire d’autres récits que ceux qui nous enferment, comme texturer d’autres mondes?
C’est pourquoi, après avoir étudié ce que pouvait signifier la notion de contre-enquête pour des artistes et des chercheureuses, après avoir exploré les risques et potentialités des terrains mouvants, le programme de DIU ArTeC proposera cette année une réflexion sur la réinvention des gestes de restitution et d’écriture qui nous permettent d’accéder à la matérialité complexe du monde. À la suite de Gilles Deleuze et Roland Barthes, Monique Wittig ou Donna Haraway, ou encore de Kenneth Goldsmith et frank leibovici, des artistes-chercheureuses mettent en place de nouvelles opérations de transcription, de nouveaux modes de notation et de nouvelles manières de mettre en récit leurs enquêtes de terrain. Il s’agira, dans la continuité des recherches menées en philosophie, littérature et sciences sociales expérimentales depuis les années 1960, puis dans le champ des études féministes, post-coloniales, queer et crip, de désapprendre nos connaissances normées, de défaire les conventions d’écriture, d’accueillir et de valoriser l’étrangeté, la différence, la créolisation au sein du texte.
Cette année nous tenterons donc questionner les normes discursives pour mieux texturer nos terrains d’enquête. Nous verrons ainsi comment, dans le contexte de la recherche-création, l’instrument d’écriture, l’outil de texture, s’invente en parallèle des découvertes analytiques ou heuristiques qui sont faites sur le terrain d’enquête, et non pas dans l’après-coup. Ce travail autour de la texture du monde nous semble d’autant plus urgent et important dès lors que les IA génératives s’infiltrent partout et nous font croire que le texte n’a plus besoin d’un ancrage dans le réel pour s’écrire.
Peut-on cependant réaliser un doctorat sans écrire un texte de thèse ? Un film, une exposition ou une représentation théâtrale peuvent-ils devenir des supports de transmission de la connaissance aussi agissants que le texte alphabétique ? La mise en question des hiérarchisations entre modes d’expression hante les réflexions sur la recherche et création depuis ses débuts. Dans le DIU, en appui sur un état des lieux, il ne s’agira pas d’abandonner systématiquement lesformes scientifiques de l’écriture alphabétique des savoirs, mais plutôt de trouver à l’intérieur de ces dispositifs d’écriture des lignes de fuites que nous pourrions suivre pour mieux comprendre ce qui nous arrive collectivement.
Objectifs de formation
- appréhender les problématiques de l’interaction entre création artistiques et innovations techniques, dans une perspective réflexive et critique ;
- acquérir ou renforcer une familiarité avec les discours théoriques tenus sur les questions esthétiques, écologiques sociales et politiques en matière de créativité artistique et technologique ;
- assimiler des connaissances méthodologiques dans le domaine de la recherche-création, recherche-action et recherche-développement ;
- ouvrir l’esprit des diplômés de Master issus de filières scientifiques sur les problématiques de l’art et de la conceptualisation des idées (adaptation numérique pour l’immersion 3D, création de prototypes d’une idée artistique conceptuelle, etc.).
Cette formation, basée sur des ateliers davantage que sur l’enseignement magistral, permettra aux étudiant·es de développer les savoir-faire suivant :
- approfondir une problématique de recherche ;
- situer l’objet de recherche dans le champ actuel des investigations au carrefour des pratiques artistiques, des innovations techniques et de leurs implications sociales ;
- affirmer sa singularité de chercheur au sein d’un travail collectif ;
- formuler un projet de recherche de façon rigoureuse, succincte et convaincante ;
- repérer les institutions et les dispositifs susceptibles de contribuer au financement d’un projet de recherche.
Publics visés :
- étudiant·es venant de formations artistiques pour leur permettre de mieux maîtriser les attentes, les codes et les habitudes de la recherche universitaire ;
- diplômé·es d’un master universitaire pour s’inspirer de certaines pratiques de création artistique et dynamiser leurs enquêtes et leurs réflexions ;
- professionnel·les en formation continue désirant aiguiser leurs capacités de recherche au croisement des arts, des sciences et des humanités.
Seront appréciés des objets de recherche traitant des questions relatives aux mutations numériques des médialités humaines ainsi qu’aux formes de créations et d’inventions sociales qu’elles appellent.
Ce Diplôme Interuniversitaire est proposé par l’Université Paris 8 Saint-Denis Vincennes et l’Université Paris Nanterre, en étroite collaboration avec les Services d’Orientation Professionnelle.
Enseignements
6 Grandes Conférences publiques avec des personnalités internationalement reconnues.
Cycles de conférences (12h).
Petit séminaire, à la suite des Grandes Conférences, pour permettre aux étudiant·es du D.I.U de discuter de leur projet de recherche avec ces invité·es (12h).
Séminaire Transdisciplinaire avec des enseignant·es de Paris 8 et de Paris Nanterre pour présenter des outils de recherche (concepts, méthodes, terrains, pratiques, programmes, sites, etc.). Ce séminaire prendra la forme d’une discussion-enquête sur les définitions des pratiques de recherche-création et de recherche-action (24h).
Atelier de Travail dirigé pendant toute l’année par Alexandra Saemmer, Mathilde Roussel et Matthieu Raffard pour donner aux étudiant·es l’occasion d’approfondir et de raffiner progressivement leur projet de recherche, qu’ils développeront en collaboration avec les autres participant·es. Quelques ateliers seront consacrés à l’exploration des possibilités concrètes d’obtention d’allocations doctorales à l’échelle européenne, de bourse CIFRE, etc. Une ou deux journée(s) de colloque final permettront aux participant·es de présenter leur projet sous forme d’une intervention de 20 minutes suivie de questions (48h).
Un séminaire et des ateliers sur la recherche-création et les arts du code (modèles, outils, critiques) pour développer une réflexivité permettant d’appréhender, sur une base pratique comme théorique, les enjeux d’un projet qui allie recherche universitaire et création artistique, en particulier (mais pas exclusivement) au sein d’univers numériques (48h).
Un projet de recherche approfondi et élaboré sur l’ensemble de l’année, comprenant un stage de deux mois en entreprise ou laboratoire de recherche ou la rédaction d’un article programmatique.
Guide de l’étudiant·es 2025-2026 en format flipbook
Le guide de l’étudiant·e regroupe les informations pratiques générales sur la formation.
