La fluidité du photographique : dialectique entre diversité des formes et multiplicité des usages, 16-19 sept.

Ce séminaire est lié au projet de recherche « Tailleurs d’images : nouvelles voies d’expériences artistiques, quels espaces, quelles pratiques pour quels territoires » financé par la MSH Paris Nord et l’EUR ArTec.

Il associe le laboratoire InTRu de l’Université de Tours, les laboratoires EPHA (Esthétique, Pratique et Histoire des Arts – Laboratoire Arts des images et art contemporain) et Paragraphe de l’Université Paris 8, en partenariat avec le 6b, Fabrique d’art et de culture (Saint-Denis), le Jeu de Paume (Paris) et la Maison Robert Doisneau (Gentilly).

Dates :

Séminaire intensif : du 16 au 19 septembre 

Expo-action : du 3 au 19 octobre

Lieux : Paris

Image : Les Regardeurs de Raphaele

Présentation du programme de recherche « Tailleurs d’images »

Le projet de recherche–action « Tailleurs d’images : nouvelles voies d’expériences artistiques, quels espaces, quelles pratiques pour quels territoires » est un projet transdisciplinaire arts-sciences humaines et sociales porté par un collectif d’artistes, chercheurs et professionnels du monde de l’art.

Il s’agit d’interroger le rôle social et politique de la création à travers la rencontre entre des habitants d’un territoire, des associations, des institutions artistiques et culturelles par l’entremise de démarches artistiques. De par son ancrage conceptuel dans les domaines de l’art, de l’ergonomie et de l’éducation populaire, cette recherche-action adopte une position originale dans le paysage des recherches dans le champ de la médiation culturelle : elle s’attachera à documenter l’activité réelle du maillage d’acteurs ainsi qu’à identifier les déterminants favorables et défavorables à la mise en espace, à la mise en activité ainsi qu’à la mise en résonance des différentes formes d’expériences artistiques.

Le projet poursuit une triple finalité : d’une part, la conception participative d’une exposition-action « Tailleurs d’images » au 6b et à la MSH Paris Nord (2019) qui se prolongera par l’organisation d’un colloque scientifique international (2020) à la MSH Paris Nord.

Présentation du séminaire « La fluidité du photographique : dialectique entre diversité des formes et multiplicité des usages »

Partant des problématiques travaillées au sein du projet de recherche-action, le séminaire intensif de formation questionnera la fluidité des usages contemporains de la photographie, ses statuts et rôles dans les champs de l’art contemporain, de l’ergonomie et de l’éducation populaire. Notre projet de recherche-action et le séminaire intensif qui y est adossé permettront de croiser de manière novatrice les expertises développées autour du support photographique dans des champs connexes — mais pourtant aujourd’hui encore autonomes — alors même que le développement actuel des « études visuelles » rend nécessaire, voir impératif, le croisement de ces approches.

Nous y considérerons le médium photographique dans ses fonctions d’outil de transformation du réel en distinguant plusieurs modalités : celles de l’oeuvre, de l’administration de la preuve ainsi que celle de l’instrument de travail social. Le séminaire intensif permettra de former les étudiant.e.s aux subtilités que requièrent chacune de ces modalités et aux postures professionnelles correspondantes, afin de rendre sensible ce qui reste souvent aujourd’hui non formulé, soit le déplacement des enjeux de l’image elle-même. L’enjeu de la formation sera de clarifier les distinctions et / ou les recouvrements possibles entre ces pratiques et de développer une analyse critique des modalités de circulation des images fixes.

  • La photographie, du point de vue de la pratique artistique :

Si le statut artistique de la photographie est aujourd’hui bien établi, l’appartenance du médium au champ de création a fait l’objet d’un débat séculaire. De cette histoire complexe reste une pratique artistique qui questionne en permanence son statut (Baqué 2004), jouant de la pluralité des usages des images fixes dans la société moderne et notamment de son rapport ambigu au réel représenté (Gisinger 2018, Gisinger & Didi-Huberman 2017). Adoubée des qualités d’une objectivité supposée (Daston & Galison 2010), elle témoigne pourtant d’un potentiel fictionnel qui permet d’en faire un puissant outil de transformation social (Criqui 2012, Dubois 2016). Il s’agit alors de dépasser la supposée dichotomie entre art et document pour questionner le médium et ses récits, entre l’attestation du paraître et la possibilité de l’être (Bertho 2018).

  • La photographie, du point de vue de l’ergonomie :

L’ergonomie, au même titre que les autres sciences humaines et sociales, administre des « preuves » scientifiques en objectivant des données issues du terrain, recueillies le plus souvent au moyen de prise de notes ou d’enregistrements (photo, vidéo, audio) (Maresca & Meyer 2013). L’objectivation des données nécessite ainsi une « collecte » en situation réelle, de traces de l’activité et de captations (Bationo-Tillon & Rabardel 2015). Ces captations fixent la mémoire des chercheurs, sont le support de leurs analyses et constituent des préalables à d’autres méthodes de recueil par entretien. Enfin, ces « traces » du terrain jouent le rôle de supports de communication et de diffusion des connaissances.

Dans les recherches-actions comme dans les interventions, donner à voir des images du réel sous ses multiples formes constitue un enjeu déterminant. Représenter, illustrer et communiquer sur l’activité est une pratique essentielle des ergonomes (Bationo-Tillon 2017). Dans ce contexte, la photographie est mobilisée tour à tour comme outil de recueil et de transcription du réel au cours de l’enquête, comme outil d’immersion d’une diversité d’acteurs au sein des groupes de travail et / ou de groupes de conception et enfin comme moyen de mise en circulation des résultats de recherches.

  • La photographie, du point de vue de l’éducation populaire :

Se revendiquant de l’éducation non formelle, l’éducation populaire vise le développement de la puissance d’agir et la transformation sociale en se fondant sur une praxis qui engage, entre autres, l’acte artistique (Maurel 2001). L’éducation populaire est une forme d’apprentissage dans laquelle l’individu est sujet, singularité agissante. Loin d’être l’instrument d’une paix sociale, elle a pour objectif de renouveler le partage du sensible (Rancière 2000) en se fondant notamment sur l’expérimentation et une pratique ancrée dans des temporalités et territoires spécifiques (Bertho 2014). Dans ce cadre, la photographie est convoquée comme outil de travail social, en opérant un double déplacement de son usage comme de son statut : la pratique ordinaire de la photographie se voit attribué un rôle spécifique d’émancipation quand l’oeuvre n’est plus une finalité mais un moyen de cette même émancipation.

Déroulé de la formation

  • Enseignants

Anne Bationo-Tillon, PAST HDR en ergonomie, Université Paris 8

Raphaële Bertho, maîtresse de conférences en Arts, Université de Tours

Arno Gisinger, artiste photographe et maître de conférence en Arts, Université Paris 8

  • Séminaire intensif : 16 au 19 septembre 2019

La formation se tiendra en premier lieu sous la forme d’un séminaire intensif en du 16 au 19 septembre 2019. Ce dernier permettra, à travers l’intervention de plusieurs expert.e.s et professionnel.le.s, d’identifier les différents statuts et usages de la photographie comme outil de transformation du réel. Chaque journée articulera la visite d’une exposition, la rencontre avec les artistes, avec des professionnel.le.s de la médiation et des chercheurs.

À l’issu de cette première session de séminaire, les étudiant.e.s devront formuler une question de recherche et d’un projet à mettre en place lors de l’exposition-action en octobre 2019 au 6b à Saint-Denis.

Lundi 16 septembre 2019

Université Paris 8 –salle  A3-317 Bâtiment de la recherche

13 h 30 -14 h : Accueil : présentation du déroulé de la semaine (intervenant.e.s, objectifs, attendus)

14 h – 15 h 30 : Présentation théorique à trois voix sur les différentes « facettes » de la photographie et les notions liées à la rencontre avec l’œuvre : Anne Bationo (ergonomie)/Raphaële Bertho (éducation populaire)/Arno Gisinger (photographie et art)

16 h – 17 h 30 : Discussion sur trois textes théoriques

18 h : Constitution des groupes de travail (mixtes entre les disciplines / formations)

Mardi 17 septembre 2019

Université Paris 8 –salle  A3-317 Bâtiment de la recherche

9 h – 11 h : Raphaële Bertho et Arno Gisinger : introduction au travail de Marc Pataut — « les enjeux d’une exposition photographique dans un espace institutionnel »

Jeu de Paume

13 h – 18 h : Sabine Thiriot et les médiatrices du Jeu de Paume : « l’exposition en espace public, un espace de paroles et de regards »

Visite de l’exposition Marc Pataut de proche en proche et rencontre avec l’artiste

Soirée outils d’éducation populaire en action : 6b/ Introduction par Raphaële, ensuite mise en pratique/ repas commun

Mercredi 18 septembre 2019

Maison Robert Doisneau, Gentilly

9 h – 12 h : Présentation de l’institution et de « Photographie à l’école » par Michaël Houlette et Laurie Chappis Peron

travail en groupe sur les archives de photographie à l’école

Université Paris 8 –salle  A3-317 Bâtiment de la recherche

14 h – 16 h : rencontre avec les deux artistes Gilberto Guiza Rojas et Rafael Serrano impliqués dans le projet Photographie à l’école

16 h – 18 h : Bilan intermédiaire, réflexion questions de recherche

Travail en groupe pour établir un bilan des expériences et déterminer une question de recherche-action à mettre en œuvre lors de l’exposition du 6b

Mercredi soir libre

Jeudi 19 septembre 2019

Université Paris 8 –salle  A3-317 Bâtiment de la recherche

9 h – 10 h : Anne Bationo Tillon: « Quels usages de la photographie en ergonomie ? »

10 h – 12 h : Pierre Rabardel et Alain Bernardini en dialogue :  « Désactiver l’activité »

14 – 17 h : Présentation de chaque groupe de la question de recherche-action et méthodologie envisagée. Attribution de tuteur de suivi du travail de chaque groupe.

18 h : Apéritif de clôture

Les Rencontres Edesta , 2019-2020

Séminaire animé par Paul-Louis Rinuy (AIAC) et Christa Blümlinger (ESTCA)

Proposé avec le soutien de l’EUR ArTec et du Collège des Ecoles Doctorales de l’Université de Paris 8

INHA – Institut National de l’Histoire de l’Art, 6, rue des Petits Champs, 75002 Paris.

Thème de l’année 2019-2020 : Synchronisation

Ce séminaire interdisciplinaire de l’Edesta permet aux doctorants  et       aux chercheurs de Paris 8 et plus largement de Paris Lumières de rencontrer des artistes et théoriciens, reconnus dans le monde international de l’art. L’accent est mis, pour cette première année, sur ce qu’on peut appeler les esthétiques de la simultanéité. A partir des gestes artistiques, compris dans leur archéologie et dans leur historicité, il s’agit de problématiser la question d’être contemporain. Cela conduit à examiner des dispositifs de synchronisation (par exemple, des systèmes et des appareils servant à mesurer le temps) tout en impliquant les effets de désynchronisation. On s’intéressera à des opérations de transmission ou de coordination et à la manière dont les arts répondent à l’usage contemporain des média (surveillance, pilotage). La (dé-)synchronisation peut se penser sur un plan esthétique et historique : dans des termes de fréquence, de rythme ou de mesure, ou encore selon une articulation entre passé et temps,  entre passé historique et passé traditionnel. Elle est liée au découpage du temps, à ses ouvertures et fermetures, et peut produire des ruptures qui engendrent de l’hétérochronie. On tentera enfin une articulation entre économie et écologie, en prenant  en considération les débats sur la décroissance, et en envisageant l’histoire (des techniques et des média) à partir de la notion d’entropie par exemple.

Calendrier des 6 séances :

Calendrier, lieu et horaires :

  • vendredi 25 octobre : Jean-Louis Boissier (artiste/ Université Paris 8), « Moments et temps réel », répondant : Gwenola Wagon, 9h00-12h00, en salle Peiresc  
  • jeudi 14 novembre : David Claerbout (artiste, Anvers/Berlin), « De la synchronicité subjective et technique », présentation de l’artiste, suivie d’un débat animé par Christa Blümlinger, 15h00-18h00, en salle Benjamin
  • vendredi 20 décembre : Peter Szendy (Brown University, Providence),  « Les Voiries du visible », répondant : Jean-Philippe Antoine, 11h00-14h00 heures, en salle Vasari 
  • vendredi 24 janvier : Sarkis  (artiste, Paris), présentation de l’artiste, suivie d’un débat animé par Paul-Louis Rinuy, 9h00-12h00, en salle Vasari 
  • vendredi 14 février 2020 : Erika Balsom (King’s College, London), «Wang Bing’s 15 Hours and the Chimera of Endlessness », répondant : Dork Zabunyan, 11h00-14h00, en salle Vasari
  • vendredi 13 mars 2020 : Rémy Héritier (chorégraphe, Paris), présentation de l’artiste, suivie d’un débat animé par Isabelle Launay et Mathieu Bouvier, 11h00-13h00, en salle Vasari

NB :  Les jours, horaires et salles varient légèrement au fil de ce cycle de conférences.

Réformer les écoles d’art, 20 septembre

Le 20 septembre 2019, les Archives nationales et l’Université Paris-8, organisent une journée d’étude en collaboration avec l’ENSBA et l’ENSAD, dans le cadre du programme « Transformations de l’enseignement de l’art », soutenu par l’EUR ArTeC

20 septembre 2019, 9h30-16h30

Archives nationales, Pierrefitte-sur-Seine (métro Saint-Denis Université), auditorium

Les écoles vivent une crise importante en France ces dernières années. Différentes réformes y ont été mises en œuvre, qui visent notamment à accroître leur dimension professionnalisante et à y introduire des équipes et programmes de recherche, éventuellement en partenariat avec les universités. Ces réformes prolongent, réorientent et contredisent parfois d’autres réformes antérieures : elles illustrent les transformations constantes des pratiques artistiques, autant que l’évolution du regard porté par les pouvoirs publics ou les acteurs sociaux sur la création. De nouvelles pratiques apparaissent, d’autres sont délaissées ; des besoins se font sentir dans certains secteurs économiques ; une plus grande autonomie est accordée aux collectivités locales qui s’en emparent pour transformer les écoles…

À quoi sert une école d’art aujourd’hui ? Doit-elle être un lieu qui forme des artistes, des designers, des graphistes, des vidéastes, des créateurs de mode… ? Ou doit-elle au contraire être un refuge, un lieu de rencontres et d’expérimentation, un « lieu de recherche » (y compris de soi) ? Réformer l’enseignement implique-t-il d’être attentif aux évolutions de la création contemporaine ? S’agit-il de favoriser l’introduction de nouvelles pratiques ou de nouveaux médiums ? Ou bien de poser la question de ce que peut être un artiste dans la société d’aujourd’hui, du rôle qu’il peut y jouer ? Que penser de la place accordée aux enseignants dans ces réformes : doivent-ils faire évoluer leur pratique ? Peuvent-ils être acteurs des réformes ? Leur statut fait-il partie de la question de la transformation des écoles d’art ?

Cette journée d’étude souhaite aborder ces questions et d’autres qui touchent à la fonction même de l’enseignement ou des écoles d’art. Les écoles sont-elles le meilleur lieu de formation des artistes ? Doivent-elles nourrir la recherche ou le marché ? Quelle place peuvent-elles occuper au sein de la société ? Ces questions ne se limitent pas à la structuration des institutions ou aux programmes d’enseignement : il s’agit plus généralement de s’interroger sur ce que veut dire aujourd’hui enseigner l’art.

9h30 : Accueil

9h45 : Introduction, Jérôme Glicenstein (Université Paris-8) et Clothilde Roullier (Archives nationales)

10h15 : Les lieux de la réforme : 1793-1863-1968. L’exemple de l’École des Beaux-Arts, Alice Thomine-Berrada (ENSBA)

10h45 : Discussion

11h : L’Ecole des Beaux-Arts d’Athènes : De la réforme institutionnelle à la recherche doctorale en art – un cas d’étude, Nikos Daskalothanassis (École des Beaux-Arts d’Athènes)

11h30 : Discussion

11h45 : Pause

12h : L’Institut des Hautes Études en Arts Plastiques : conditions d’apparition d’un modèle d’enseignement artistique, Marie Brines (Université Paris-8)

12h30 : Discussion

12h45 : Déjeuner

14h : Histoire des réformes du Nova Scotia College of Art and Design en quatre temps, Lisa Bouraly (UQAM)

14h30 : Discussion

14h45 : Une pédagogie du « faire », paroles d’enseignants de l’ENSAD dans les années 1990, Sandrine Gill (Archives nationales)

15h15 : Discussion

15h30 : Pause

15h45 : Les Enseignants-Artistes des Enseignants-Chercheurs comme les autres ?, Rodrigue Tissot (Laboratoire de sociologie et d’anthropologie de l’université de Bourgogne-Franche-Comté)

16h15 : Discussion

16h30 : Fin de la journée

Entrée libre dans la limite des places disponibles

Archives nationales
59, rue Guynemer
93383 Pierrefitte-sur-Seine 
http://www.archives-nationales.culture.gouv.fr/

 Contact : clothilde.roullier@culture.gouv.fr

L’aséance ou le site du film expérimental, 25 juin

Mardi 25 juin 2019 – 10h-18h
Salle de projection bleue nuit tropicale A1 181

Alternant analyses de spécialistes et projections de quelques perles des avant-gardes et du cinéma expérimental (en 16 mm argentique et en numérique), cette journée d’étude inaugurale du projet de recherche ArTeC « Temps profonds du cinéma expérimental » se propose de reconsidérer les avant-gardes et l’expérimentation cinématographique au prisme de la séance de projection. Cette dernière a en effet constitué un cadre d’expérience singulier de présentation et de réception des films non seulement par ses formes innovantes et décalées, mais aussi par ses lieux, circonstances, dispositifs : aséances, pour le dire selon une formule inspirée par Jean-François Lyotard, « conformes à l’exigence pyrotechnique » et produisant des « intensités jouissives[1] » ; événements dont le site (spécifique) peut demeurer introuvable, imaginaire et tourne souvent le dos aux bienséances de l’exploitation cinématographique standard.

[1] « L’acinéma » [Revue d’esthétique, 1973], in Des dispositifs pulsionnels, Jean-François Lyotard, Paris, éd. Galilée, 1994, p. 60.

Comité d’organisation : Grégoire Quenault, Jennifer Verraes, Dominique Willoughby

Journée d’étude réalisée avec le soutien de l’EUR ArTeC, dans le cadre du programme « Temps profonds du cinéma expérimental » et avec le concours de l’équipe d’accueil ESTCA (Esthétique, Sciences et Technologies du Cinéma et de l’Audiovisuel), du service audiovisuel du département Cinéma de l’Université Paris 8 Vincennes – Saint-Denis, et de Cinédoc.

Informations pratiques :
Salle de projection bleue nuit tropicale A1 181 (Bâtiment A)
Université Paris 8 Vincennes – Saint-Denis
Métro : Saint-Denis Université (ligne 13)

Après les réseaux sociaux, 27 juin

Journée d’étude: « Après les réseaux sociaux. Pratiques, esthétiques et éthiques d’une écologie des Contenus Générés par les Utilisateurs.»

27 Juin 2019, École nationale supérieure des arts décoratifs (ENSAD). Salle 308.

www.after-social-networks.com

En réponse à la massification de la production de textes et d’images liée à l’essor des plateformes de réseaux sociaux en ligne, de plus en plus d’artistes empruntent, citent et réinventent dans leurs œuvres des Contenus Générés par les Utilisateurs (CGU).
L’essor de ces pratiques d’appropriation et de détournement semble signaler la généralisation de l’attitude incarnée par l’artiste Douglas Huebler, qui déclarait dès 1969: « Le monde est rempli d’objets, plus ou moins intéressants; je n’ai pas envie d’en ajouter davantage ».
Aujourd’hui, les artistes s’approprient des textes et des images issus d’Internet. Considérées dans leur ensemble, ces œuvres nous questionnent sur le devenir des CGU, au statut encore largement indéterminé, à la fois documents et créations à part entière.
Elles nous invitent également à interroger les dispositifs d’éditorialisation des réseaux sociaux eux-mêmes, dont les artistes reproduisent, moquent ou subvertissent les mécanismes.

Le terme de « recyclage » semble en effet identifier les CGU à des détritus numériques, que la créativité de l’artiste élèverait au rang d’art en leur ajoutant du crédit symbolique et culturel.
À l’inverse, la notion humaniste d’ « écologie » invite à envisager le réemploi comme un changement d’environnement, dotant l’objet approprié de fonctionnalités et de significations nouvelles alors qu’il était condamné à l’oubli par l’hyperproduction numérique contemporaine.
Penser ces pratiques artistiques à l’aune d’une écologie des médias permet d’en considérer les productions comme des objets privilégiés pour l’étude de l’écosystème médiatique, social et politique des réseaux sociaux.
C’est à l’aune de ces questions que les artistes, universitaires et professionnels de la journée essaieront de réfléchir, dans un esprit interdisciplinaire mêlant la pratique artistique et la réflexion théorique sans oublier le travail des acteurs culturels permettant la valorisation et la diffusion de ces oeuvres.


Programme de la journée d’étude:

8H30

Petit déjeuner

9H00

Mot d’ouverture par Allan Deneuville et Gala Hernández

I. Perspectives – Modération: Chloé Galibert-Laîné – 9H20-11H00

Ervina Kotolloshi, La modularité des ready-mades numériques au théâtre : entre dilution des sources et érosion des contenus

Alice Lenay, Penser les « vidéos de compagnie ». Sur quelques travaux documentaires contemporains («Au milieu des nouveaux media», Numéro 30 de la Revue Documentaires)

Edmond Ernest dit Alban, Collaboration ou Confrontation? Le management des CGU dans le média mix otaku 1990-2010

Questions

11H00 – Pause café

II. Publications – Modération: Allan Deneuville – 11H10 – 12H20

Bérénice Serra, PUBLIC : une mise en circulation de portraits anonymes à l’abandon

Rémi Forte, Programme poétique, système typographique

Questions

12H20 – 13H10 Pause déjeuner

III. Curation – Modération: Allan Deneuville – 13H10 – 14H20

Natacha Seweryn, Réaliser des films avec des vidéos qu’on n’a pas tournées : enjeux de la diffusion d’oeuvres atypiques en France depuis 2012

David Desrimais, Pratique et poétique de l’édition à l’heure numérique

Questions

14H20 – Conférence de Franck Leibovici + Questions

15H20 – Pause café

IV. Identité(s) – Modération: Gala Hernández – 15H30 -16H40

Françoise Chambefort, My little identity, un exemple de transformation générative des CGU illégal mais éthique ?

Seumboy Vrainom :€, Itinérance pour une terre rare (conférence performée)

Questions

16H40 – Mot de fin

17H00 – Fin de la Journée d’Étude

18H00 – Soirée de projection de films – École nationale supérieure des beaux-arts de Paris. Amphithéâtre des Loges.
Présentation et modération: Chloé Galibert-Laîné et Gala Hernández.

Rémy de Guillaume Lillo (France, 2018, 30min)

(Self) Exhibitions de Florencia Aliberti (Espagne, 2015, 14min)

Sitting in Darkness de Graeme Arnfield (Royaume-Uni, 2015, 15min)

Pour clôturer la journée d’étude nous proposons la projection de trois courts-métrages qui remploient des Contenus Générés par les Utilisateurs en adoptant des stratégies très différentes. Si Guillaume Lillo détourne des vidéos de YouTube pour en faire une fiction tragicomique en caméra subjective grâce à une voix off à la première personne, Florencia Aliberti construit des constellations d’images extimes issues de webcams d’adolescents afin d’identifier les gestes et les mots prégnants d’une jeunesse surexposée en ligne et Graeme Arnfield tente de cerner un évènement passé à partir des traces que les témoins de celui-ci ont laissé disséminées sur le Web. Comment et pourquoi ces artistes se sont-ils appropriés de ces images trouvées pour créer leurs films ? Les réalisateurs seront présents pour débattre avec le public après la projection.

Comité d’organisation:

Allan Deneuville (Doctorant ArTeC)
Chloé Gallibert-Laîné (Doctorante PSL-ENS)
Valérian Guillier (Doctorant Labex Arts H2H)
Gala Hernandez Lopez (Doctorante EDESTA- Paris 8)

// INSCRIPTION OBLIGATOIRE PAR MAIL
Dans le cadre de Vigipirate Alerte Attentat, l’accès à l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs est restreint sur inscription obligatoire par retour mail ( Ecologiedescgu@protonmail.com ) d’ici au 24 juin. Une pièce d’identité devra être présentée à l’entrée de l’ENSAD. Merci de votre compréhension
//

Workshop, tranformations de l’enseignement de l’art, 14 juin


Projet « Transformations de l’enseignement de l’art »

Workshop consacré à un regard international sur l’enseignement de l’art, 14 juin 2019, de 14h à 17h

14h : ouverture par Jérôme Glicenstein (Université Paris-8) et Clothilde Roullier (Archives nationales), avec la participation de Patrick Nardin (Université Paris-8)

14h15 : Jean Dubois (Université du Québec à Montréal) :  “Le contexte de l’enseignement supérieur des arts au Québec et le cas de l’École des arts visuels et médiatiques de l’Université du Québec à Montréal”

15h15 : pause

15h30 : Hannes Brunner (Kunsthochschule Berlin-Weißensee) : “as bots as me _ the experiment with the relationship and dialog between thought, device and action”

16h30 : discussion générale 

Informations pratiques

Archives nationales, site de Pierrefitte-sur-Seine, métro Saint-Denis Université, salle du service éducatif n°2

Rythmer le chaos, 6 juin

Rythmer le chaos : Composition, circulation et collecte des chansons et poèmes des ghettos et des camps nazis

Journée d’Études organisée par l’EHESS (CRAL – « Centre de recherches sur les arts et le langage » et PREMEC – « Premiers modes d’écriture de la Shoah ») et le LabEx EHNE (« Écrire une Histoire nouvelle de l’Europe »)

Responsable scientifique : Élise Petit, LabEx EHNE
Comité scientifique : Judith Lyon-Caen, Malena Chinski, Aurélia Kalisky, Esteban Buch

Jeudi 6 Juin 2019 – EHESS, salle Lombard 96 bd Raspail, 75006 Paris 9h30-17h

La création artistique des Juifs persécutés pendant la Shoah et des victimes des camps de concentration et des centres de mise à mort nazis fait depuis plusieurs années l’objet de publications et d’événements réguliers qui interrogent tous, d’une manière ou d’une autre, les enjeux tant esthétiques que culturels, anthropologiques et psychologiques de processus créatifs dans des situations extrêmes. Si les arts graphiques ont donné lieu à de nombreuses publications, notamment à l’occasion d’expositions organisées par des mémoriaux et musées, la musique et la poésie ont été moins étudiées dans la sphère francophone. La parution très récente d’un ouvrage collectif consacré au Verfügbar aux Enfers de Germaine Tillion vient enrichir une bibliographie encore restreinte sur le sujet.

Déjà pendant le génocide, certains chercheurs et intellectuels juifs enfermés dans les ghettos commencèrent à collecter des poèmes et des chansons, en particulier dans le cadre des projets d’archives nés dans les ghettos de Vilnius et de Varsovie. Historiens, chercheurs en littérature, intellectuels et écrivains comprirent qu’il s’agissait là d’une manifestation singulière de la culture et de la vie juives, et qu’il fallait la documenter, notamment dans la tradition ethnographique initiée dans l’entre-deux guerres par le YIVO. Après la guerre, de véritables collectes de partitions ou de poèmes ont été entreprises très tôt par des survivants de camps ou de ghettos, principalement Shmerke Kaczerginski, survivant du ghetto de Vilnius, Aleksander Kulisiewicz, survivant du camp de Sachsenhausen et plus généralement dans le cadre des commissions historiques créées après la guerre en Europe.

L’objet de cette journée d’études est d’éclairer les stratégies de survie intellectuelle et spirituelle que révèle le vaste corpus de poèmes et de chansons produits et souvent mis en circulation dans et à travers les frontières des ghettos et des camps. Au cours de cette journée, c’est le répertoire clandestin qui sera étudié. La forme versifiée semble y avoir été privilégiée par un grand nombre de victimes : obéissant à un besoin vital de saisir l’expérience d’une réalité inouïe, la forme poétique – sous forme de poème ou de chanson – servait à ordonnancer le chaos, à la soumettre à la versification et à un rythme porteur de sens. S’intéressant aux entreprises de collecte effectuées pendant et juste après la guerre, cette journée pluridisciplinaire abordera également la question de la création artistique dans les « camps de déplacés » des années 1945 à 1949.

Elle se clôturera par une table-ronde et une présentation de l’ouvrage Chanter, rire et résister à Ravensbrück : Autour de Germaine Tillion et du Verfügbar aux Enfers, paru récemment au Seuil, en présence d’une partie de l’équipe de direction scientifique, membre du groupe de recherches « Mémoire musicale et résistance dans les camps » de l’Université de Montréal.

Programme

Matin (9h30-12h30)
9h30 Élise Petit, Aurélia Kalisky, Esteban Buch, Accueil des participants et présentation de la journée

10h Aurélia Kalisky, Zentrum für Literatur- und Kulturforschung, Berlin, « “La poésie témoigne de nousˮ. Forme, rythme et figure comme principes de survie »

10h45 Claude Mouchard, « “Si étroite la durée du jourˮ (1941) – en relisant Avrom Sutzkever » 11h30 Élise Petit, « Aleksander Kulisiewicz, troubadour et collecteur »

Après-midi (14h-17h)
14h Malena Chinski, « Corpus de chansons et outils d’analyse de Nachman Blumental dans Conférences sur la littérature yiddish sous l’occupation nazie (1966) »

14h45 Nathalie Cau, « Le répertoire en yiddish dans le théâtre des “camps de déplacésˮ, 1945- 1949 »

15h30 Présentation et discussion autour de l’ouvrage Chanter, rire et résister à Ravensbrück : Autour de Germaine Tillion et du Verfügbar aux Enfers. Avec Philippe Despoix (Montréal), Cécile Quesney, Nelly Forget, Claude Mouchard, Esteban Buch et Élise Petit.

Présentation des auteurs : Les laboratoires de l’horreur et de la mort industrielle que furent les camps nazis ont paradoxalement aussi été des lieux de création. dans des conditions extrêmes, presque toujours clandestine et souvent le fait de simples amateurs pour qui elle constituait une ultime planche de liberté – ou de résistance.

Ce fut le cas dans le camp pour femmes de Ravensbrück avec Le Verfügbar aux Enfers, pièce écrite fin 1944 par l’ethnologue Germaine Tillion (1907-2008) avec l’aide de ses compagnes résistantes déportées.

Œuvre de survie collective, cette « opérette-revue » sans partition qui détourne avec humour un répertoire varié d’airs populaires éclaire de manière exemplaire les relations complexes entre mémoire musicale, création et résistance dans les camps.

Dans sa préface, Esteban Buch écrit qu’« il revenait à une femme, Germaine Tillion, de contribuer au travail de mémoire collectif en faisant entendre aussi la musique du rire, éternellement libre, surgissant du fond sonore des enfers ».

Émergence de l’art vidéo en Europe, 19 juin

À ce jour, une histoire de l’art vidéo à l’échelle de l’Europe reste à faire. C’est la mission à laquelle le présent programme de recherche entend répondre. Un réseau international, regroupant à la fois des historiens de l’art et de l’image en mouvement, des artistes, des protagonistes de cette aventure, des dépositaires de fonds d’archives, des conservateurs et de jeunes chercheurs, s’est constitué. Il a pour objectif de collecter des données sur les artistes, les œuvres et les événements qui ont permis l’avènement de cette pratique, ou qui ont compté dans son développement sur le territoire européen, et de mettre au jour les conditions nationales spécifiques de production et de diffusion permettant d’expliquer la variété des productions comme la disparité des périodes d’émergences (1960-1980).

Mercredi 19 juin 2019
BnF, site François Mitterand, salle 70

10h00
Introduction et présentation du programme « Émergence »
François Bovier, Alain Carou et Grégoire Quenault (Coordinateurs)

10h15
L’historiographie de l’art vidéo en Grèce, un défi entre les mains des artistes, Manthos Santorineos (Artiste – théoricien nouveau media, Professeur à l’École des Beaux-Arts d’Athènes)

11h00
Pause

11h15
Archive ontology – connecting the dots
Per Platou (Directeur, Norwegian Video Art Archive)

12h00
The Beginnings of Video Art in Bulgaria,Iliyana Nedkova (Directrice artistique pour l’art contemporain, Horsecross Arts)

12h45
Pause déjeuner

14h30
REC: Tracking the Emergence of Artist Video in Belgium
Sofie Ruysseveldt (Responsable de collection) et Dagmar Dirkx (Assistante de collection/production, ARGOS vzw Centre for Art and Media)

15h30
Swedish Video Art – the early years
Teresa Wennberg (Artiste vidéaste)

16h15
Table-ronde / Discussions

Ce cinquième séminaire de recherche « Émergence de l’art vidéo en Europe : historiographie, théorie, sources et archives (1960-1980) » du LabEx Arts-H2H réunit les chercheurs du projet et des spécialistes internationaux, en vue d’étudier les premiers temps de l’art vidéo en Grèce, en Norvège, en Bulgarie, en Belgique et en Suède.

Coordinateurs du programme « Émergence de l’art vidéo » : François Bovier (École cantonale d’art de Lausanne / Maître d’enseignement et de recherche, Université de Lausanne) Alain Carou (Conservateur, Département de l’audiovisuel, Service Image, Bibliothèque nationale de France) Grégoire Quenault (Maître de conférences, Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis)

Assistés de : Ségolène Liautaud (Ingénieure d’études, ArTeC) et Victor Tsaconas (Stagiaire, ArTeC)

Contact : emergenceartvideo.6080@gmail.com

Crédits iconographiques : Teresa Wennberg, Swimmer, 1978, vidéo, 20′, production Centre Georges Pompidou, Paris, collection Centre Georges Pompidou, Paris et Sädtishes Kunstmuseum, Bonn

Informations pratiques : Les communications le mercredi 19 juin auront lieu dans la salle 70, Bibliothèque nationale de France, Quai François Mauriac, 75706 Paris.
Elles sont libres et ouvertes au public sans réservation, dans la limite des places disponibles.

Pouvoir d’agir citoyen et écologie de l’attention, 17 juin

Le groupe de travail PA&EA est initié par l’association Saisir et soutenu par l’École Universitaire de Recherche ArTeC.

Ses activités sont fondées sur le constat suivant : notre pouvoir d’agir en tant que citoyens est largement conditionné par notre capacité à disposer librement de notre attention individuellement et collectivement.

Le groupe de travail organise un cycle de 4 ateliers prospectifs pour imaginer les modalités concrète d’une écologie de l’attention appliquée à un champ d’action (à titre indicatifs : l’information, la ville, le travail, l’école). Le premier atelier portera sur le champ de l’information (du point de vue du consommateur comme du producteur) et visera à répondre à la question suivante : « Demain, à quoi ressemblerait une information respectueuse de notre attention et de notre pouvoir d’agir citoyen ? »

Modalités pratiques :

Lieu : Superpublic, 4 rue de la Vacquerie – 75011

lundi 17 juin 2019

9h – 13h déjeuner en option pour celles et ceux qui souhaiteraient continuer à échanger

Contact : juliette.rohde@saisir.org 

Festival de la BnF, 24-26 mai 2019

Pour la troisième année consécutive, la Bibliothèque parlante investit le site François-Mitterrand. À l’occasion de son festival annuel, les 25 et 26 mai 2019, la BnF ouvre grand ses portes pour un week-end de lectures, performances et spectacles.
Le week-end sera inauguré, le vendredi 24 mai, par une soirée littéraire consacrée à Notre-Dame de Paris.

FAIRE PARLER LA BIBLIOTHÈQUE

Souvent associée à une ambiance feutrée et silencieuse, la Bibliothèque est pourtant habitée par les voix des œuvres qu’elle abrite. « Faire parler » la Bibliothèque, c’est laisser, le temps d’un week-end, le murmure immémorial qui hante les lieux devenir clameur. Pendant deux jours, La Bibliothèque parlante propose un parcours dans les collections de la BnF et dans ses espaces, pour écouter des paroles ancrées dans le présent ou venues du passé, mais toujours vivantes et vibrantes.
Des comédiens – Sandrine Bonnaire, Julie Depardieu, Denis Lavant, Denis Podalydès – ou des auteurs – Adonis, Anna Gavalda, Marie-Hélène Lafon – incarnent les voix des écrivains. En écho à l’exposition Manuscrits de l’extrême, les textes donnés en lecture rendent compte d’une expérience de l’extrême – prison, passion, péril ou possession. Des mots pour saisir l’existence dans ce qu’elle a de plus fou, comme fou peut être l’amour : c’est la promesse du festival de la BnF, pensé aussi comme une déambulation à travers les espaces du site François-Mitterrand. Une promenade à la rencontre de la lecture et de la création.

Programme complet