Bienvenue à Erewhon, 7 mai

Bienvenue à Erewhon : nouveaux épisodes, projection au Jeu de Paume

Pierre Cassous-Noguès, Stéphane Degoutin, Gwenola Wagon

L’exploration de la ville d’Erewhon se poursuit avec une série de six nouveaux épisodes. Erewhon, la ville dans laquelle les machines ont évolué pour se rendre autonomes. Elles ont libéré les habitants du travail comme de tout autre souci. Les Erewhoniens sont donc parfaitement libres. Ils sont bienheureux … et quelque peu étranges. Leurs gestes ne sont pas les nôtres. Ils écoutent les plantes penser. Ou chantent des chansons d’amour à des robots. Ils caressent les animaux qu’ils vont manger. Les familles vivent en parfaite harmonie dans des maisons entièrement connectées sans qu’aucun dysfonctionnement jamais ne viennent troubler ce bonheur domotique. Revenu d’entre les morts, l’écrivain britanique Samuel Butler circule parmi des images trouvées sur Internet, observant les mœurs des Erewhoniens. 
Uncanny comique, quand l’inquiétante étrangeté bascule dans le comique. Ou l’inverse. Cette ville, qui n’est pas peut-être pas celle du futur mais qui, du moins, se dessine derrière nos écrans, est-elle comique ou est-elle étrange ? Faut-il en rire ou s’en inquiéter ?    

 Film-annonce

www.welcometoerewhon.com

Erewhyna – 3 morts brutales

Performance – Olivier Bosson
Pas la peine de vous présenter en détail Erewhyna, tant ce monde s’apparente à celui d’Erewhon. Là aussi, c’est à des équipes d’ingénieurs qu’on a confié la mission de faire fonctionner la société. C’est eux qui ont dessiné ces scénarios à la gloire des flux, tablant sur les bienfaits qu’apporteront une abondance de circulations, de circuits, de canalisations, ils ont programmé le déploiement autonome et infini des machines et des réseaux. 

Dans notre monde, j’ai été marqué par 3 morts brutales survenues au cours de ces dernières années : celle de Nodar Kumaritashvili, celle d’Elaine Herzberg, celle de Jérôme Laronze. Chacun de ces drames nous confronte aux limites des fictions type Erewhyna et de leurs promesses.

Site Olivier Bosson

Informations pratiques :

 Jeu de Paume, 1 Place de la Concorde , 75008 Paris

7 mai prochain à 19h

Entrée libre dans la limite des places disponibles

Isidore Isou, initiation à la société des créateurs, 9 mai

Centre Pompidou, Petite salle (Forum, niveau -1)

S’ouvrant sur une table-ronde autour de laquelle les membres du groupe lettriste évoqueront leur expérience aux côtés d’Isidore Isou, cette après-midi d’étude se prolongera par une série de communications interrogeant la place de l’œuvre d’Isou dans une histoire récente, sociale et culturelle de l’art. Après une discussion portant sur le vaste corpus archivistique d’Isou, véritable laboratoire de création, un récital poétique clôturera cet après-midi lettriste.

A 20h30, en Grande salle du Centre Pompidou, une représentation de la Symphonie Juvénal n°4 d’Isidore Isou sera orchestrée par Frédéric Acquaviva.

Kenneth Goldsmith, 16 mai

LA FABRIQUE DES PROJETS 

rez-de jardin, MSH Paris Nord, 9h à 16h30 

ArTeC a pour mission de générer des initiatives interdisciplinaires et des synergies entre les partenaires, les chercheur.e.s et les etudiant.e.s. Nombreux et divers, les membres d’ArTeC forment un territoire propice au développement de projets interdisciplinaires. Les appels à projets annuels sont l’occasion de tisser de tels liens, entre les disciplines, les institutions, les chercheurs, les étudiants…

La Fabrique des projets, conçue comme un espace de rencontres et de discussions, permettra d’ouvrir à de nouvelles collaborations,  de renforcer les liens et les réseaux.

Imaginer et fabriquer ensemble, tel sera l’objectif de cette journée.

Venez avec vos idées, mais venez aussi découvrir de nouveaux projets, partager un déjeuner et rencontrer des partenaires et futurs collaborateurs.

La journée se clôturera par une conférence de Kenneth Goldsmith, accueilli par ArTeC dans le cadre de son programme de Chaires internationales, puis par un cocktail dans la salle panoramique de la MSH.

Important : pour prévoir le déjeuner et le déroulement de la journée, l’inscription est indispensable à : eur-artec@u-plum.fr

KENNETH GOLDSMITH

Auditorium, MSH Paris-Nord
# 17h à 19h30 – « Duchamp est mon avocat » : La culture de l’artefact à l’ère du numérique

Kenneth Goldsmith proposera une conférence à propos de l’instabilité et l’incertitude de la culture de l’artefact au sein de l’écosystème d’internet, et ses conséquences sur la production et la distribution.
Cette conférence abordera les enjeux des droits d’auteurs à un moment crucial où l’Union européenne vient d’adopter une directive sur les droits d’auteur. Qu’est ce que cela signifie pour l’avenir des auteurs et de la production artistique en général ?
En utilisant le précédent historique de l’avant garde, cette conférence présentera les systèmes de résistances passés et présents tout en essayant de proposer des pistes de réflexion.

Kenneth Goldsmith, poète américain, premier lauréat de poésie du MoMA, fondateur et éditeur d’UbuWeb, professeur de Uncreative Writing à l’université de Pennsylvanie et animateur à la radio new-yorkaise WFMU pendant 15 ans. Il est une figure majeure de la création contemporaine. Kenneth Goldsmith est un paradoxe :  auteur reçu à la Maison-Blanche en disant qu’il avait volé les mots des autres.

Intervention de Stéphanie Roussel, Do it together, les communautés autopubliées,Université du Québec à Montréal

Le contemporain est marqué par une remise en question des circuits traditionnels de l’art (Ruffel, 2016), qui se traduit par des dispositifs inédits de publication. Parmi ceux-ci se trouvent les micros-libres de poésie (Hassert, 2014; Cabot, 2016), au sein desquels chacune et chacun est invité à performer, et ce, sans égard à la qualité des textes. Cette absence de douane est, structurellement et symboliquement, une contestation des notions de clôture et de distinction associées au champ littéraire, dont le mode de fonctionnement s’appuie sur une séparation entre les agentes et agents inscrits dans le champ, luttant pour le capital symbolique, et celles et ceux qui en sont dépourvus (Bourdieu, 1979 et 1992). Ces espaces visent à défaire la répartition habituelle des rôles dans le monde de l’édition et au sein des instances de légitimation : tout le monde est appelé à être tour à tour auteur, spectateur, critique dans l’espace-temps d’une même soirée. L’examen de ces « autopublications » singulières servira, dans le cadre de cette communication, à réfléchir une autre manière de créer ensemble, qui se développe parallèlement aux institutions officielles et aux côtés des revues, des groupes littéraires et des cénacles. Nous nous pencherons plus spécifiquement sur les modalités qui régissent l’expérience esthétique des micros-libres, notamment la mixité culturelle, la volonté de se rassembler et l’éthique du care (Molinier et al, 2009; Bourgault & Perreault, 2015).

Informations pratiques : 

Maison des Sciences de l’Homme – Paris nord

M12 Front populaire

20 Avenue George Sand

93210 Saint-Denis

Landscapes Afterwar(d)s, 22 avril

Colloque international, Phnom Penh

Le programme Landscapes Afterwar(d)s s’inscrit dans la continuité d’une réflexion sur la mémoire des lieux à l’épreuve des guerres et conflits. Le paysage se distingue de la nature dans la mesure où il n’existe qu’à travers ceux qui le regardent. Notre regard sur lui diffère selon les époques et les cultures. Si la nature est elle-même meurtrie par un passé violent, comment témoigner de l’après coup des paysages ? Comment un paysage qui a connu des crimes d’une grande ampleur peut-il offrir une visibilité de l’Histoire ?
Partout où des conflits ont existé, la question du paysage est essentielle pour déchiffrer les strates mémorielles d’événements enfouis qui manifestent de façon diffuse, malgré le passage du temps, la réalité de ce qui a été. Notre attention portera sur les modes d’appropriation d’un passé qui résiste, à travers des représentations de paysages, telles qu’elles peuvent être travaillées par l’histoire, l’anthropologie, les dispositifs de l’art contemporain, le cinéma, la littérature ou l’architecture.

Nos lunes personnelles, 8 mai

Journée d’études et atelier laboratoire, Grand Palais

À l’occasion des 50 ans des premiers pas de l’Homme sur la Lune, à l’exposition au Grand Palais LA LUNE. DU VOYAGE RÉEL AUX VOYAGES IMAGINAIRES, des jeunes artistes chercheurs de l’université Paris 8 proposent aux visiteurs un parcours poétique avec des performances en lien avec 10 des oeuvres exposées.


Nouveaux imaginaires technologiques

Que les technosciences soient omniprésentes dans toutes les vies humaines d’aujourd’hui est une évidence ; qu’elles concourent à façonner nos représentations du monde, des différents êtres que nous envisageons, et de nous-mêmes, s’impose aussi avec évidence. Enfin, que les technosciences elles-mêmes soient, inversement, nimbées d’affects et de représentations métaphysiques, plus ou moins spontanées, plus ou moins élaborées, plus ou moins positives, plus ou moins négatives (apologie du cyborg, peur de nouveaux Golems…) s’impose aussi. Le projet ici proposé veut prendre au sérieux ce fait. Des questionnements concernant les rapports entre réchauffement climatique et anthropocène, ou entre prothèses et transhumanisme touchent de plus en plus le citoyen qui le découvre dans les journaux, dans des documentaires, dans des installations ou performances artistiques, mais aussi sur ses comptes des réseaux sociaux. Cela porte à l’émergence d’imaginaires sociotechniques qui sortent du contexte du laboratoire pour toucher le grand public. Cependant, le professionnel ou le citoyen qui se trouve confronté avec ces nouveaux objets est souvent démuni d’outils conceptuels adaptés pour comprendre et gérer les enjeux que des objets technologiques soulèvent face à l’humain. D’un côté, les STS (Sciences Technology Studies) ont contribué à développer une réflexion dans ce champ, mais souvent elles sont restées très ancrées dans une approche ethnographique de terrain. D’un autre côté, la philosophie de la technique s’est interrogée sur ces imaginaires mais elle s’est rarement confrontée avec la réalité des acteurs sociaux.

Face à une telle situation, ce projet a l’objectif de développer une réflexion interdisciplinaire autour de ces imaginaires sociotechniques en valorisant un point de vue philosophique dans un cadre STS et en mettant la philosophie à l’épreuve de la recherche de terrain.
Dans la limite d’une année, ce projet, porté par François-David Sebbah en collaboration avec les laboratoires IREPh, DICEN, LLCP, HAR, Paragraphe, ETHICS, mettra en place une démarche expérimentale qui vise à combiner recherche fondamentale et recherche-action, en cherchant également à ouvrir des pistes de recherche-création dans le cadre de l’axe scientifique « Les technologies et les médiations humaines » de l’EUR ArTec.

Les technologies de reconstruction et amélioration du corps (p. ex. greffes visage, prothèses, etc.) seront prises comme cas d’études pour la construction de cette démarche expérimentale qui ensuite pourra être répliquée sur d’autres terrains. Le projet sera organisé en trois actions :

1- suivre les imaginaires sociotechniques en action à travers un recherche de terrain de 6 mois en clinique ; 2-comprendre les imaginaires sociotechniques à travers un séminaire interdisciplinaire ; 3-(D)écrire les imaginaires sociotechniques à travers une expérimentation pédagogique transversale entre Paris Nanterre et Paris 8.

Performer l’archive

Ce projet, porté conjointement par Charlotte Bouteille-Meister et Tiphaine Karsenti (HAR, Université Paris Nanterre), vise à explorer les enjeux et les apports du passage par la pratique pour la recherche sur le théâtre français ancien, entre le XIVe et le XVIIIe siècle. Ce théâtre, en effet, n’est accessible qu’à travers des archives, souvent conservées à la Bibliothèque nationale de France, partenaire du projet. Or ces archives (textes, documents écrits, images, objets) et leur étude en contexte ne permettent pas d’appréhender un aspect essentiel de ce théâtre : sa dimension performative.

Le programme articule ainsi deux temps :
1. la mise en place d’ateliers pratiques, avec des metteurs en scène professionnels, à partir des archives réunies par des chercheurs et les étudiants ;
2. l’organisation d’un dialogue entre chercheurs, spécialistes de l’archive, praticiens et étudiants, fondé sur l’observation analytique de ces expérimentations autour de trois axes de questionnement : en quoi ces recherches sur le plateau complètent-elles les connaissances déjà acquises par les chercheurs en histoire, littérature ou études théâtrales ? dans quelle mesure la mise en bouche et en jeu de ces textes anciens peut-elle nourrir une réflexion sur le théâtre contemporain ? en quoi ces expérimentations peuvent-elles renouveler les pratiques pédagogiques dans le domaine de l’histoire du théâtre ?


Il s’agira d’éprouver, à travers cette mise en jeu, à la fois l’efficacité scénique de ces textes et leurs résonances aujourd’hui, pour mieux cerner en retour, selon des protocoles scientifiques qui devront être précisément établis et interrogés, leur fonctionnement et leur impact potentiel à leur époque d’écriture et de représentation.
Par le dialogue réciproque entre chercheurs et praticiens, spécialistes de l’histoire du théâtre médiéval et de la première modernité et artistes de la scène contemporaine, doit se faire jour une appréhension plus fine de la théâtralité aujourd’hui assoupie de ces textes, qui constituèrent pourtant la base d’une pratique vivante dans le passé.

Impressions libertaires

En lien avec le master « Médias, design et art contemporain » (MDAC) et son axe « Sphère publique », le projet est à la jonction de deux recherches — l’une sur des pédagogies expérimentales, l’autre sur des imprimeries anarchistes — où occupe une place centrale la question de l’impression, organisée et pratiquée de manières alternative, collaborative et engagée.
L’objectif de ce projet commun est de partager la réflexion sur la fabrique imprimée,
les modes d’organisation du travail qui l’accompagnent, l’exploitation expérimentale de l’outil de reproduction, les dispositifs de diffusion auxquelles elle est associée et les formes qui en découlent.
Il comprend un volet en relation avec la bibliothèque Kandinsky, visant à situer les imprimés étudiés dans le contexte plus large de la production graphique et éditoriale des avant-gardes au XXe siècle.

Cinéma muet italien

Le projet entend impulser un travail collectif entre des équipes de chercheurs, des institutions patrimoniales et une école d’art, afin d’ouvrir un champ d’études encore largement méconnu dans l’histoire du cinéma et de l’esthétique, celui du cinéma muet italien, à travers un corpus de films tournés entre 1896 et 1930.

L’interdisciplinarité est au centre de ce projet : il s’agit de replacer les films italiens muets dans le contexte artistique, médiatique et culturel, européen de la fin du XIXe siècle jusqu’à la fin de la période muette. L’objectif est d’opérer une redécouverte de ce cinéma, en soulignant sa richesse par une confrontation avec plusieurs champs disciplinaires avec lesquels il dialogue : peinture, sculpture, musique, théâtre, danse, photographie, littérature…

Il s’agira de redécouvrir, depuis une exploration des fonds français et italiens et un travail de numérisation, cette période de l’histoire du cinéma en mettant l’accent sur l’analyse esthétique et la poétique de ces films et en faisant apparaître les nouveaux enjeux que posent leur numérisation.

Le théâtre dans les cavernes du numérique

Stimuler la réflexivité des adolescents sur leurs usages des plateformes numériques.

Les opportunités offertes par les outils numériques recèlent certaines difficultés face auxquelles les adolescents sont équipés inégalement, selon leurs ressources sociales, culturelles et psychiques. La fracture cognitive ne peut se combler par le seul équipement matériel ni le seul apprentissage des fonctionnalités (Hargittai 2002, Plantard 2011). Des médiations doivent être construites pour apporter les connaissances, les savoir-faire mais aussi les questions qui ne s’acquièrent pas spontanément (Octobre 2015). Cette transmission est d’autant plus cruciale que l’usage des outils numériques promeut des modalités de connaissances informelles qui entrent en concurrence avec les instances de socialisation traditionnelles (Bourdeloie 2012, Sadin 2015, Jehel et Saemmer 2017). Elle requiert également plasticité et modestie des adultes pour accepter d’apprendre des jeunes ce qu’eux-mêmes parfois ignorent.

Les recherches menées depuis 2011 par Fardin Mortazavi (avec le dispositif CyberOmbre) montrent que la scène du théâtre peut s’avérer une « brèche » idéale pour que les jeunes mettent en abyme leurs propres usages numériques et construisent un regard critique, dans un rapport distancié mais respectueux de leur sphère intime. Le recours aux techniques théâtrales est d’autant plus pertinent que des nouveaux acteurs culturels et commerciaux s’inscrivent dans une tradition d’instrumentalisation des techniques du « jeu profond » (Stanislavski 1963) par les activités de service (voir l’étude fondatrice de Hochschild 1983 sur le travail émotionnel). Nous nous intéressons dans ce contexte au travail émotionnel sollicité par les plateformes numériques (Jehel 2018). Nous associerons des chercheurs et des professionnels du théâtre (CNSAD, MGI et artiste associé) pour explorer la façon dont les outils dramaturgiques peuvent mettre en lumière un travail émotionnel des plateformes souvent invisible. Nous constituerons à cette fin une scène-laboratoire-observatoire.