Isidore Isou, 6 mars au 20 mai 2019

Du 6 mars au 20 mai 2019, le Centre Pompidou présente une exposition consacrée à Isidore Isou (1925-2007). Artiste et théoricien, tout à la fois poète, peintre, cinéaste et dramaturge, Isidore Isou déclarait, en 1950, avoir « un monde entier à conquérir ». Dès ses débuts fracassants sur la scène artistique parisienne en 1945 aux côtés de Gabriel Pomerand, Isou déploie une pensée systémique dont son premier essai Introduction à une nouvelle poésie et à une nouvelle musique(Gallimard, 1947), jette les bases. Isou déclare l’avènement de la lettre, seule solution plastique à la crise de la représentation qui touche selon lui l’ensemble des arts. Sa réflexion s’étend plus tard à d’autres disciplines : arts plastiques, architecture, politique, économie, mathématiques, médecine, psychologie ou érotologie seront étudiées à l’aune de la  « kladologie », méthode d’invention applicable à la totalité des branches de la culture. Entouré de compagnons de route tels Maurice Lemaître, Roland Sabatier ou encore le jeune Guy Debord, qui traversera le mouvement de manière plus fulgurante, Isou produira une œuvre plastique conséquente et mettra ses idées à l’épreuve. Car les concepts qu’il invente sont nombreux et souvent précurseurs : « l’hypergraphie », la  « mécaesthétique », « l’art infinitésimal » ou le « cadre supertemporel » correspondent ainsi à des inflexions essentielles de l’art de la seconde moitié du 20e siècle. Associant la diversité des réalisations plastiques d’Isou à de nombreux documents d’archives, cette exposition entend souligner la cohérence et la modernité d’une œuvre qui n’aura en fin de compte cessé de donner forme au principe d’excès.

Autour de l’exposition : 

Isidore Isou et le spectacle

Marielle Pelissero

3 avril à 19h, Petite salle

À l’occasion de l’exposition consacrée à Isidore Isou, Marielle Pelissero, docteur en arts du spectacle à l’université de Nanterre, professeur invitée à l’institut Pratt de New York organise une conférence-performance sur le spectacle lettriste. Reposant sur l’étude de manuscrits inédits conservés dans le fonds Isidore Isou de la Bibliothèque Kandinsky, cet exposé des grands concepts lettristes est simultanément mis en pratique par l’intervention d’acteurs, invités sur scène à démontrer la richesse et la singularité de la gestuelle lettriste.

Quelques désordres

Roland Sabatier

17 avril, 19h, Cinéma 2

Isidore Isou. Cinéma

Kaira Cabañas

8 mai, 19h, Cinéma 2

En écho à l’exposition Isidore Isou, le service de collection des films du Centre Pompidou propose deux rendez-vous autour du cinéma lettriste mettant à l’honneur l’œuvre cinématographique radicale de l’artiste Roland Sabatier (Quelques désordres, le 17 avril 2019 à 19h en cinéma 2) et le film séminal d’Isidore Isou, Traité de bave et d’éternité(1951) au cours d’une séance spécialement introduite par Kaira Cabanas (Isidore Isou. Cinéma, le 8 mai 2019 à 19h en cinéma 2). Pour plus d’information contactez film@centrepompidou.fr.

Isidore Isou, initiation à la société des créateurs

Journée d’étude conçue par Mica Gherghescu et Diane Toubert

9 mai de 14h à 19h, Petite salle

S’ouvrant sur une table-ronde autour de laquelle les membres du groupe lettriste évoqueront leur expérience aux côtés d’Isidore Isou, cette après-midi d’étude se prolongera par une série de communications interrogeant la place de l’œuvre d’Isou dans une histoire récente, sociale et culturelle, de l’art. Une discussion portant sur le vaste corpus archivistique d’Isou, véritable laboratoire de création, clôturera cette après-midi lettriste.

Avec notamment Cristina De Simone (Université de Caen-Normandie, auteur de Proréfactions ! Poésie en action à Paris (1946-1969), Dijon, Presses du réel, 2018), Fabrice Flahutez (Université Paris Ouest-Nanterre, auteur de Le lettrisme historique était une avant-garde 1945-1953, Dijon, Les presses du réel, 2011), Kaira M. Cabañas (University of Florida, auteure de Off-Screen Cinema: Isidore Isou and the Lettrist Avant- Garde, University of Chicago Press, 2015).

« Hakonjarrl barrll garrll », récital de poésie lettriste

Gérard-Philippe Broutin, Jean-Paul Curtay, François Poyet.

9 mai à 19h, Petite salle

Trois membres du groupe lettriste interprèteront des poèmes  lors d’un récital s’inscrivant dans le prolongement des lectures proposées par Isidore Isou dès les débuts du mouvement. Gérard-Philippe Broutin et Jean-Paul Curtay rejoignent respectivement le lettrisme en 1968et 1967, et concentrent leurs activités initiales autour de la publication de nombreux tracts et essais politiques d’Isou à travers les structures de la Nouvelle Génération lettriste (NGL) et le Centre international de création kladologique (Cick). François Poyet adhère au lettrisme en 1966 et commence par réaliser des interventions dans le domaine public (tractage, bombage, collage).

Isidore Isou, Symphonie n°4 : Juvénal

Frédéric Acquaviva

9 mai à 20h30. Grande salle

Artiste sonore et compositeur de musique expérimentale, proche d’Isidore Isou, Frédéric Acquaviva prépare avec lui à partir de 2000 la sortie de plusieurs disques compilant les symphonies créées par Isou depuis 1947. Edité par Al Dante en 2004, la Symphonie Juvénal n°4 a été composée entre 2001 et orchestrée par Frédéric Acquaviva en 2003. Dans la Grande salle du Centre Pompidou, l’œuvre se présente comme une exploration spatiale et sonore des qualités sensibles de la lettre, portées par la voix d’Isou et le chœur des lettristes.

Voix d’Isidore Isou

Soliste : Maria Faustino

Chœurs : J.-B. Beck, S.-G.Béju, A. Bertaud, N. Brenez, Broutin, J. Chaumeix, C. Cholain, C. Cousin, L. Deschamps, S. Monségu, E. Monsinjon, F. Poyet, H. Richol, M.-T. Richol-Müller, W. Roehmer, R. Sabatier, J.-L. Sarthou, F. Studeny et D.Tayarda. 

Isidore Isou, je n’aurais pu être que Léonard de Vinci

Frédéric Acquaviva

11 mai à 19h. Petite salle

Protagoniste de la redécouverte du lettrisme, Frédéric Acquaviva présentera le 11 mai une conférence à l’occasion de la sortie de sa monographie consacrée à Isidore Isou (Isidore Isou, Neuchâtel, Editions du Griffon, 2019).

 

Traité de bave et d’éternité, 1951
Film cinématographique 35 mm, noir et blanc, sonore, 123’25”. Achat en 1976
Collection Centre Pompidou, Paris
Musée national d’art moderne Centre de création industrielle © Adagp, Paris © Centre Pompidou, MNAM-CCI/Service de la documentation photographique du MNAM/Dist. RMN-GP