Distraction et politisation de l’art, 14 janv.

Distraction et politisation de l’art

En 1927, avec Le Cuirassé Potemkine d’Eisenstein, « une nouvelle région de la conscience » s’ouvre à Walter Benjamin. Ce phénomène implique un inconscient : la distraction (zerstreuung). La photo et le cinéma révèlent des strates de l’expérience inconnues, liées au mode d’existence des masses. Mais ce qui fait toute la puissance de la distraction tient à une dialectique, propre à une constellation d’intellectuels, Kracauer, Bloch, Simmel, Husserl ou Canetti, entre une acuité conceptuelle asystématique, qui ne craint pas de mener une investigation matérialiste radicale à l’aide d’outils métaphysiques, et son articulation à des modes de pensée esthétique et pratique, comme l’architecture, le cinéma et la technique. La fécondité de la notion de distraction se nourrit de tout l’apport de la psychologie expérimentale, mais aussi de l’approche rigoureuse de l’expérience subjective menée par les avant-gardes radicales, notamment les cinéastes soviétiques.

Biographie Pascal Rousse

Pascal Rousse est docteur en philosophie (Paris 8, 2010), diplômé DPLG en architecture et professeur certifié d’arts plastiques à Paris. Il a commencé à partir de 1992 des recherches sur les avant-gardes artistiques dans le cadre du cours de philosophie de l’art de Philippe Sers, dont il fut l’assistant de 1996 à 1998, à l’ENSA de Paris-La Villette. Il poursuit ses recherches en philosophie sur Eisenstein, l’esthétique, les relations entre modernité et modernisme en art et dans les subcultures. Il publie dans des revues d’esthétique et de cinéma et a contribué à des ouvrages collectifs, dont une étude à propos de The Poetical Works of William Blakeà paraître dans un recueil sur la bibliothèque d’Eisenstein, sous la direction d’Ada Ackerman.

Informations pratiques 

Lundi 14 janvier

10h à 13h, salle 308

Ensad, 31 rue d’Ulm 75005 Paris